TGV : fin de la phase euphorique

Publié le par JPC

Comme toute nouveauté, l'arrivée du TGV en Lorraine fut en début d'année l'occasion de toutes les autocongratulations et de toutes les autocélébrations. Arrive aujourd'hui le moment où l'on se rend compte que ce TGV n'est tout de même pas l'alpha et l'oméga de vie régionale lorraine. Le contraire, soit dit en passant, aurait été singulier.

 

Aujourd'hui, tout soudain, les élus lorrains se rendent compte que les deux villes qui vont profiter véritablement de l'effet TGV sont Paris et Strasbourg. Donc les deux extrémités. Tous les autres arrêts sont peu de chose. Ils auraient pu découvrir cela par eux-mêmes en se référent à toutes les autres lignes TGV en France… mais l'expérience ne sert que si elle est vécue par soi-même. Tous les philosophes vous le diront. Il fallait simplement le découvrir ici encore. En tout état de cause, les grincements sur la voie commencent. Ainsi Charles Stirweiss, maire de Forbach et conseiller régional explique : <<Il existe une mauvaise information et une mauvaise liaison entre l'ICE et le TGV et il y a un grand désordre dans les réservations. Ainsi, si l'on veut acheter des places pour un Paris - Forbach l'on nous dit qu'il n'y a plus de place. Et quand on voit arriver le train, celui-ci est vide. Le contingentement du nombre de place disponible sur Forbach est trop faible. Autre incongruité, quand on vient de Paris, l'hôtesse vous demande si vous allez à Forbach ou Sarrebruck. Les deux villes se touchent. Si vous répondez Sarrebruck, on vous remet un plateau repas et si vous dites Forbach, rien ! C'est à n'y rien comprendre>>.

Candeur…

L'ancien patron de la région, G. Longuet, craint pour sa part l'appauvrissement du maillage ferroviaire sur le territoire en une zone formée par Nancy, Metz, Bar-le-Duc et Strasbourg. Et d'ajouter : <<Le système informatique n'est pas dédié à l'irrigation confortable du grand Est. Par ailleurs, une politique et des tarifs commerciaux moins élitistes dédiés aux plus modestes doit être engagée>>. Ce dernier point est d'autant plus burlesque que les deux présidents successifs de la Région se sont fait promener comme des petits garçons par la SNCF qui avait omis de leur dire que lorsque le TGV allait être mis en place, les trains "corail" disparaîtraient. Peut-on croire cela ? Cela paraît énorme et c'est pourtant vrai. Aujourd'hui ces élus découvrent que les tarifs élevés du TGV sont obligatoires et qu'il n'existe aucune autre alternative. Ceci à tel point que les voyageurs les moins aisés de Châlons-en-Champagne utilisent les TER avec différents changements pour rejoindre Paris. Bref, des voyages plus longs, plus lents et moins confortables qu'avant. Sinon, c'est la réservation obligatoire pour le TGV avec le tarif en conséquence. Bref, la SNCF, service publique, en dehors des périodes de grèves, impose le jour, l'heure de départ et ses tarifs aux voyageurs. N'est-ce pas là ce que l'on pourrait appeler un progrès vers la marche arrière ?

… et expérience

Aujourd'hui, et un peu tard, Jean-Pierre Masseret tente : <<Il y a un moyen de sortir de ces paradoxes, c'est de se positionner fermement dans la partie qui se joue pour la deuxième phase du TGV entre la Moselle et Strasbourg. Nous participerons à 6,5 % du budget mais sous réserve de discussion avec la SNCF>>. On pourrait lui faire remarquer que de longues discussions existaient aussi depuis 1986 entre la Région et la SNCF avec les résultats que l'on sait. Visiblement, l'expérience ne sert décidément pas en politique.

Publicité

Publié dans jpcpresse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article