Il était un fois à Belval
Une délégation du Conseil économique et social de Lorraine (CESR) vient de réaliser une visite du site industriel de Belval en pleine reconversion. Ce fut là l'occasion pour les autorités luxembourgeoises d'exposer enfin leurs attentes vis-à-vis de la France et, plus précisément, des Lorrains. 
Cette visite ressemblait un peu à un conte de Noël. On y trouvait le bon peuple de France représenté par les socioprofessionnels lorrains, un prince ; le prince Guillaume (le frère de l'actuel Grand-Duc du Luxembourg), une très jolie princesse ; la princesse Sibylla, et un magicien : le professeur Rolf Tarrach, recteur de l'université du Luxembourg. Ce dernier a profité de cette rencontre pour exposer un souhait : la création d'un laboratoire de recherche dans le domaine des métaux et cela en territoire lorrain. Ce nouvel équipement devant participer à la grande et prometteuse université luxembourgeoise voisine.
Incompréhensions
Pour sa part, Roger Cayzelle, le président du Conseil économique et social, était déjà ravi de cette rencontre. Il était venu, assisté du consul du Luxembourg à Metz, Jean-Claude Schwartz, de deux de ses vice-présidents, Gilbert Krausener et Alain Missoffe, dans l'idée d'améliorer le tricotage transfrontalier entre la Lorraine et le Luxembourg sur la zone d'Esch-Belval. C'est vrai que cette zone génère actuellement des constructions du côté luxembourgeois… et des débats du côté français. La raison de ce déséquilibre ? Un simple manque de communication, selon les socioprofessionnels du CESR. Peut-être autre chose suppose Germain Dondelinger, président du "Fonds Belval" : <<Lors de ma rencontre avec le maire de Nancy, Monsieur Rossinot, sa seule attente était : Ne me prenez pas mes universités !>>. Les incompréhensions semblent en effet abyssales.
Dès lors, usant du riche carnet d'adresse d'Alain Missoffe, Roger Cayzelle a organisé cette visite. Il est à noter que depuis quelques mois, il fait feu de tout bois pour réactiver cette "Grande Région Sarlorlux" qui s'enfonce, pareillement à Blanche Neige, dans un sommeil aussi profond que durable.
le temps est court
Alors les parkings du côté français le long de la frontière vont-ils, comme la citrouille de Cendrillon se transformant en carrosse, se métamorphoser en laboratoire de recherche ? Oui si la France, comme la belle endormie, se réveille. Ainsi le professeur Rolf Tarrach, recteur de l'université du Luxembourg, s'étonne : <<J'ai demandé depuis de long mois à ma secrétaire de prendre contact avec les responsables universitaires du côté français. Malheureusement ils n'arrivent pas à trouver le temps pour une rencontre. Cela tient au fait que les mandats des responsables sont très courts, 4 ou 5 ans, et que le projet Belval s'étale sur un temps plus long. D'où le manque de motivation. Pourtant il faut se dépêcher car s'il y a encore des espaces disponibles dans le projet mais ce ne sera plus vrai dans deux ans. Mais peut-être est-ce trop complexe pour eux… Ce qui serait dommage serait de ne pas avoir de discussion. Je suis optimiste, si cela ne marche pas en janvier cela marchera en février. Sauf, et je n'ose l'imaginer, s'il y a un très très grand manque d'intérêt>>.
Envie de travailler ?
Rolf Tarrach poursuit en précisant les possibles réalisations du côté français : <<Le plus important est d'avoir un centre de recherche que l'on développerait dans un domaine où l'on a l'ambition d'être le numéro un en Europe. Voilà un objectif intéressant. De plus je crois que l'on aurait le soutien des forces politiques des deux côtés de la frontière. Peut-être y aura-t-il même des partenaires allemands>>. Lorsque qu'on l'interroge plus précisément sur la vocation de ce centre de recherche, il développe : <<Il faut un sujet qui soit intéressant d'abord pour la Lorraine et le Luxembourg. Peut-être dans le domaine de l'acier. En Lorraine, on possède déjà le plus grand centre de recherche d'Arcelor. On pourrait imaginer là quelque chose de complémentaire… imaginer des simulations mathématiques pour le développement de certains matériaux métalliques… être vraiment là les premiers en Europe, voire, dans le monde. Mais pour cela il faut se mettre autour d'une table et être créatif. Et bien sûr de savoir si l'on a envie de travailler ensemble. On entre ici dans des questions qui relèvent de la psychologie. Peut-être il y a-t-il des collègues qui préfèrent ne pas faire des choses… Mais moi je suis optimiste et je dis : on le fera !>>.