QUOI DE NEUF CHEZ LES SOCIOPROFESSIONNELS ?

Publié le par JPC

A deux semaines près, le renouvellement du Conseil économique et social de Lorraine (CESR) se synchronisait avec le beaujolais nouveau. Comme lui, l'aspect "nouveau", bien sûr, des valeurs éprouvées aussi, mais peu de changements criants.

On ne change pas une équipe qui gagne. C'est, apparaît-il, ce qui semble faire l'unanimité au sein de l'actuel cénacle consultatif qui double les élus politiques du Conseil régional de Lorraine. Rappelons, pour faire court, que le CESR ne possède que le pouvoir d'éclairer de ses connaissances l'assemblée régionale qui, elle, statue sur la politique régionale. La Région peut ainsi saisir le CESR sur un sujet donnée et, de son côté, le CESR à la possibilité de "s'autosaisir" d'un sujet dont les socioprofessionnels, du fait de leur ressenti venant du terrain, pensent qu'il concerne l'ensemble des Lorrains. Cette assemblée est statutairement composée de 92 membres répartis en quatre collèges ; le premier collège (31 sièges) synthétise la sphère patronale et les entrepreneurs, le second collège (31 sièges) représente les acteurs syndicaux, le troisième (26 sièges) est animé par le monde associatif, et le quatrième et dernier collège (4 sièges) est désigné par le préfet de région qui nomme là des "personnes qualifiées".

Unanimité sauf pour FO
Le président nouvellement élu est Roger Cayzelle dont c'est ici le troisième mandat. Cette élection fut sans surprise d'autant qu'il était le seul candidat. Les résultats montrent ainsi l'unanimité de cette assemblée puisque 81 votes furent pour lui contre 1 nul et 10 votes blancs. La chose semblait donc prévue ainsi depuis fort longtemps au sein des 4 collèges. Il est vrai que Roger Cayzelle, issu de la CFDT, a fait preuve de diplomatie et à su travailler, lors de ses deux premiers mandats, avec l'ensemble des représentants des quatre collèges. Mais comme l'on dit dans les albums d'Astérix "…avec toute l'assemblée ? Non, car un petit village résiste". Ou plutôt un petit village est exclu de cette belle unanimité ; c'est FO. En effet, le syndicat Force Ouvrière est, aujourd'hui comme hier, écarté des responsabilités et de la vice-présidence au sein du CESR. Les raisons ? Roger Cayzelle les exprime dans une lettre en date du 7 novembre 2007 adressée à Madeleine Thiebaut (FO) dont le syndicat demandait depuis quelques mois qu'elle fasse partie du nouveau bureau du CESR : <<…il est peut probable que je donne suite à ton désir de faire partie une nouvelle fois du bureau du CES. Mes réflexions s'orientent plutôt, si je suis réélu et, en accord avec celles et ceux qui ont soutenu notre action depuis 2001, vers un renouvellement marqué par l'arrivée des collègues entrés plus récemment dans notre assemblée>>. Suite à quoi, FO est en effet absent du nouveau bureau et Jean-Marie Robert (FO et représentant historique au sein du CES auquel il appartient depuis ses débuts), se demandait : <<Avons-nous le droit d'exister ? Cela vaut-il même la peine que nous siégions en commission ?>>. 

Social et économique ou économique et social ?
Pour sa part, le préfet de Région régentait cette session constitutive en rappelant et en mettant en perspective le constat du général de Gaulle en 1945 : <<Rien ne peut se faire sans le progrès économique, donc sans l'effort de tous. Mais la finalité du progrès économique est le progrès social, le progrès social pour tous>>. Bref, on ne peut faire un paradis social sur un cimetière économique et, tout à la fois, on ne peut créer un paradis économique sur un cimetière social. Le préfet rappelait par ailleurs que le CESR était un espace de rencontre sans équivalent même s'il regrettait que la parité parfaite n'ait pu être atteinte ici. Taquin, Roger Cayzelle faisait remarquer au représentant de l'État que ce CES n'avait pu s'appuyer sur des textes législatifs pour parfaire cette parité puisque les textes n'existent pas ! Roger Cayzelle notait aussi qu'un tiers de cette assemblée se renouvelait ici dans une perspective ouverte et axée sur la vie quotidienne des Lorrains. Il regrettait par contre le trop faible dynamisme lorrains dans le domaine économique même s'il reconnaissait que très globalement, les "Lorrains s'accrochent".

Une néo-politique régionale
De fait, pour lui, la Lorraine subit une démographie et une attractivité trop faible qui handicapent sa capacité de développement. Une baisse des emplois dans la sphère industrielle plombe aussi son futur. <<On doit donc plus se battre>>, scandait alors Roger Cayzelle qui oriente la nouvelle politique du CESR vers cinq points dont il veut faire le credo de son nouveau mandat : 1 - développer les synergies vers la Grande Région Sarlorlux et particulièrement le Luxembourg. 2 – développer les villes et accéder à une grande métropolisation entre Nancy et Metz. 3 – Axer les Lorrains vers la formation et la recherche. 4 – Diversifier l'économie lorraine. 5 – Développer la cohésion sociale. C'est pratiquement un projet politique que les socioprofessionnels de tout bord n'hésitent pas à proposer aux élus régionaux majoritairement à gauche. Est-ce même ici un rappel à l'ordre ? Certains pourraient le comprendre ainsi. Pourtant le nouveau président ne veut pas être "récupéré" : <<Le CES n'est ni de droite, ni de gauche. Ni à la grande entreprise, ni à la nouveauté des associations. Il n'appartient à personne mais à tous les Lorrains. La démocratie n'est pas un long fleuve tranquille. Elle navigue entre l'ordre et le mouvement>>. Et il relativise en même temps se rappelant que ce cénacle est consultatif : <<Nous ne sommes pas l'alpha et l'oméga de la Lorraine>>. Force est de reconnaître que le CES lorrain est devenu avec le temps l'un de ceux qui, en France, est le plus suivit par les médias. Ceci signale la qualité des interventions de cette assemblée qui, au fil du temps, pointe les dossiers essentiels à la vie quotidienne des Lorrains. C'est donc dans cette logique que s'engage, comme précédemment et sans bouleversement, le nouveau Conseil économique et social de Lorraine.

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Publié dans jpcpresse

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