J-P Masseret ne se présente pas à Metz
Dans un communiqué, Jean-Pierre Masseret, le président de la Région lorraine, indique qu'il ne se présentera pas aux municipales de Metz l'année prochaine... Il avait déjà dit la même chose pour les élections régionales avec les résultats que l'on sait.
Selon le président de région, cette décision est ancienne. Alors pourquoi avoir installé des équipes de réflexion chargées de préparer un programme ? Mystère. Pour lui : <<Les dossiers régionaux sont nombreux et souvent déterminants pour l’avenir : Métrolor, Métiers de Demain, formation professionnelle, lycées, Métropole Metz-Nancy, Chambley, développement durable, équilibre des territoires, dossiers transfrontaliers. Ces dossiers pour lesquels mon engagement politique est total appellent une vision régionale. Ils ne peuvent pas être solutionnés au niveau d’une seule ville (…) Aussi, contrairement à ce que j’ai pu lire, je ne jette pas l’éponge, bien au contraire, je relève le défi de conduire une action volontariste avec les agents du Conseil Régional>>. Dont acte. Toutefois certains analystes de la vie politique locale s'interrogent : <<Quel "deal" y a-t-il eut entre Jean-Pierre Masseret et Jean-Marie Rausch pour que le président de Région fasse ainsi un boulevard à l'actuel maire de Metz ?>>.
Réactions
Roger Cayzelle, président du CESL explique sur son blog :: <<Les autres candidats de gauche (D. Gros, P. Bertinotti, R. Lioger) ont tous les trois du pain sur la planche pour progresser. C’est en effet une litanie qui revient très souvent lorsqu’on discute avec des messins qui ne sont pas quotidiennement au fait des arcannes de la vie politique messines. Pour eux il ne fait pas de doute que le maire actuel va se représenter et qu’il va gagner car … il n’y a personne, ni à droite, ni à gauche. Personne pour lui succéder, pour tenir la ville, pour assurer la tranquillité des citoyens. Personne qui ait comme lui des idées, qui enclenche des choses nouvelles dans sa ville. Lorsqu’on évoque le nom de certains successeurs possibles ces messins déploient un grand regard étonné soit parce qu’ils n’en ont jamais entendu parler. Leur message est clair, pour leur donner envie d’élire une personne nouvelle il faut qu’il y ait quelqu’un, dans tous les sens du terme. Une personnalité qui en impose, rassure, incarne du neuf de manière crédible et rassurante et qui devienne connu et reconnu. Vaste programme. Mais rien ne prouve que les candidats potentiels actuels ne sauront pas le remplir. A eux maintenant de se transcender et de monter en puissance>>.
D'autres politologues locaux assurent sur d'autres blogs messins : <<Nous voilà revenus six ans en arrière. Jean-Pierre Masseret n'étant pas certain de gagner, il renonce et soutient Dominique Gros, le seul candidat à être battu à coup sûr par Rausch. Pourquoi le soutenir alors ? Simplement car J-P Masseret et l'appareil du PS mosellan ne peuvent se permettre de voir un autre socialiste que Masseret à la mairie de Metz. Les candidatures aux futures élections régionales (et surtout sénatoriales) seraient trop compliquées à contrôler si le maire de Metz était socialiste... Les centres de décision de la fédération se déplaceraient, et cela, pas question de l'accepter pour ceux qui la contrôlent depuis 20 ans>>.
Embuscade
D'autres encore assurent que les sondages ne seraient pas bons pour J-P Masseret (entre 12 et 15 % d'intention de vote pour le PS) et, guidé par le sénateur PS, J-M Todeschini, ce dernier lui aurait conseillé de se retirer quitte, alors en embuscade, à profiter d'une opportunité juste avant les élections. Parmi ces opportunités, on pense à l'UDF-Modem tendance "Strauss-Kahnien" ou encore aux PC et aux Verts qui pourraient plébisciter le président de région avec l'appui de socialistes locaux et que ceux-ci fassent appellent, en derniers recours, à sa candidature comme tête de liste sur une large liste d'ouverture... Spéculation ? Pas si sûr. Et dans cette perspective, le groupe Metz2007.com mené par Emmanuel Lebeau pourrait jouer un rôle considérable et de premier plan.
Où est le hussard ?
En tout état de cause, la stratégie politique considérée par beaucoup comme archaïque de l'actuelle maire de Metz consistant à étouffer dans l'œuf toute tentative d'émergence de personnalité de sa majorité au cours de son mandat porte ses fruits. Il n'y a pas grand monde d'autre à droite que Jean-Marie Rausch. L'aspect tonique de cette campagne rebondirait aujourd'hui si le 1er édile de Metz remettait, avant ou après les élections, sa couronne à Marie-Jo Zimmermann (divers droite et en conflit avec l'UMP locale). Longtemps instrumentalisée par Jean-Louis Masson (divers droite aussi), cette dernière ferait ainsi un joli pied de nez à sa concurrente de toujours et ex-dauphine de l'inamovible maître des lieux : Nathalie Griesbeck. A moins… A moins qu'un hussard de dernière minute ne se présente juste avant les élections et n'enlève la partie au nez et à la babe de tous. Cela s'est déjà vu. S'il est possible de faire une suggestion, beaucoup de lecteurs avec lesquels nous échangeons s'intéressent d'abord, et en tout premier lieu selon leurs dires, au candidat qui proposera un programme qui traitera de l'économie, du chômage etc… dans la bonne ville de Metz en pensant d'abord à eux plutôt qu'à lui. Et si c'était cela l'important ?