Nouvelles perspectives pour le lac de Madine
La lorraine serait-elle enfin une destination pour les habitant du Grand-Duché ? Le lac de Madine, dans la Meuse, vient d'accueillir son nouveau directeur : Monsieur Alain Grunewald. Celui-ci souhaite recevoir les Luxembourgeois ainsi que l'ensemble du public dans une nouvelle configuration ludique plus digne de cet espace naturel.
Le lac de Madine est à 1h 30 du Luxembourg et les ressortissants du Grand-Duché y viennent chaque année plus nombreux. Ce lac est, en Lorraine, un plan d'eau artificiel placé à cheval sur les départements de Meurthe-et-Moselle et de Meuse. Serti dans le Parc naturel régional de Lorraine, le lac de Madine fut mis en eau en 1965. Il assure la triple vocation de réserve d'eau potable pour l'agglomération voisine de Metz, de réserve nationale de chasse et de faune sauvage et de zone de loisirs à vocation familiale. On peut y pratiquer de l'équitation, de la voile, du golf et participer à divers loisirs nautiques, y trouver des hébergements et de la restauration.
Sa superficie est proche de 1 100 hectares si on compte les deux petites îles. Sa capacité est de 35 millions de m3 pour une profondeur de 14 mètres sur 11km2 dans un espace 1 800 hectares. Son bassin versant couvre une superficie de 32,2 km2. le site fonctionne avec un budget annuel de 3,7 millions d'euros et 35 salariés. Après de multiples péripéties dans le domaine de sa gestion, Monsieur Alain Grunewald vient d'être nommé à sa tête, le 1er juillet dernier, par le département de la Meuse en tant que "directeur général du syndicat mixte d'aménagement du lac de Madine".
Les luxembourgeois représentent 15 à 20 % des usagers de cet espace se répartissant les activités de façon inégales selon les activités. Ainsi, on trouve 44 % d'Allemands en tant qu'usagers du golf contre seulement 2 % de Luxembourgeois. Par contre ces derniers utilisent à satiété les hébergements proposés sur place.
Un passé bien lourd
Rappelons pour mémoire que cet espace fut longtemps le centre d'enjeux politiques en Lorraine. En simplifiant, Christian Namy, président (de droite) du département de la Meuse resta longtemps en conflit latent avec le président (de gauche) de la Région lorraine : Jean-Pierre Masseret. S'ajoute à cela que des communes limitrophes et d'autres collectivités territoriales sont partie prenantes dans ce dossier. Rien qu'à cette évocation, il est possible d'imaginer la complexité de la situation.
De ce fait, pendant de longues années, cet espace fut géré plus en fonction de stratégies électorales à courts termes qu'en perspective d'un aménagement globale et durable du territoire. Bonne nouvelle, les deux présidents assurent aujourd'hui trouver des points de convergences afin de faire évoluer ce lac qui est devenu malgré tout l'une des plus belle vitrine de Lorraine.
Une silicon valley… de la mirabelle !
De formation juridique, Alain Grunewald fut sans doute choisi du fait même qu'il n'était pas lorrain mais venait d'une région sur plusieurs points similaire à la Lorraine, le nord de la France. <<C'est un site exceptionnel !>> explique-t-il enthousiaste. Il poursuit : <<S'il n'avait pas été exceptionnel, je ne serai pas venu. Pourtant sa stratégie et sa structure sont vieillissantes. Il y a là un évident manque d'investissement tant humain que financier. S'ajoute à cela une météorologie souvent moyenne. Le président Namy songeait, un temps, réserver cet espace au tourisme de luxe. Mais l'appropriation de ce lieu par la population lorraine tout autant que par celle de la Grande Région, rend la chose complexe… et puis je suis contre les "réserves d'indiens" ! Il faut faire cohabiter les deux populations. J'attends aussi des politiques qu'ils s'éloignent du dossier. Il y a maintenant "un pilote dans l'avion".
Ici, j'envisage les choses comme la gestion d'une grande plage. Le plan de développement, comme je l'envisage, pourra se développer non loin du golf. Un cabinet, que nous sommes entrain de choisir, va nous définir des pistes. De fait, la "nature loisir" et la "nature découverte" est ici à valoriser sous trois missions : la gestion du service public, la promotion et la commercialisation et, enfin, l'exploitation. Je veux faire d'ici la silicon valley de la mirabelle ! Bizarrement, je crois que cela plaisait à tout le monde que rien ne bouge.
Mais cette saison fut, comme ailleurs, catastrophique. Alors, je veux briser l'aspect saisonnier de l'usage de cet endroit. Il faut inventer des choses, créer des évènements… Et pourquoi pas un immense concert du nouvel an ? Demain, lorsque l'on se demandera ce que l'on va bien pouvoir faire ce week-end ou encore où allez ce dimanche ; on pensera à Madine car il s'y passera toujours quelque chose. Nous allons, du coup, trouver une gestion intelligente portée par une vision du futur. Pourront alors cohabiter ici les pique-niques familiaux et les hôtels 4 étoiles>>.