Le rose est finalement une couleur triste
Dernièrement à Metz, devant la cathédrale, une provocante "gay pride" s'est longuement arrêtée devant l'édifice religieux phare de la capitale lorraine à l'appel des associations Couleurs Gaies (Metz), Emergence 57 (Sarreguemines), Equinoxe (Nancy) et Trans Aide (Nancy).
Les quatre associations organisatrices rassemblaient 800 personnes, à partir de la place Saint-Louis dans un cortège rose et blanc, dans un village des associations monté avec le soutien des cafetiers de la place derrière une banderole qui portait le slogan "Liberté ? Egalité ? Stérilisé ! État, justice, médecine, tous ligués contre nos parentalités". "La France accumule les retards !" s'étranglait Mathieu Gattipon-Bachette, président de Couleurs Gaies. Un kiss-in "contre l'homophobie des institutions religieuses" s'est déroulé alors vers 15h30 devant la cathédrale de Metz où l'on proposait à tous les homosexuels de s'embrasser goulûment devant l'édifice. "L'exercice d'un droit n'est jamais une provocation. Il est important de dénoncer les dérapages qui se multiplient. Nous respectons les croyants. Ceux que nous visons sont les sectaires..." s'énervait encore le président de Couleurs Gaies soutenu par Thomas Scuderi représentant la Mairie de Metz et Daniel Béguin des Verts et conseiller régional de Lorraine.
Haro sur les symboles lorrains
A cette occasion, et pour marquer avec élégance cette position, une très vulgaire transsexuelle "Miss Questch" accompagnée d'un Saint Nicolas de pacotille (Que vient faire St Nicolas là dedans ?) juchés sur un char diffusant une musique techno assourdissante se sont arrêtés devant la cathédrale de Metz pour lancer ce mot d'ordre du "kiss-in". On imagine qu'il s'agit là de stigmatiser à la fois la très populaire Reine de la Mirabelle et notre symbole lorrain : Saint Nicolas". Ce Saint Nicolas étant d'ailleurs aujourd'hui largement accepté par l'ensemble des Lorrains, croyants ou pas, comme faisant partie de notre culture. Bien entendu, le défilé pseudo libertaire s'est bien gardé de faire le même arrêt devant un temple protestant, une synagogue, ou mieux encore, devant une mosquée. Tout courage doit avoir ses limites.
Où était l'intolérance finalement ?
Pourtant, la position de l'Église catholique concernant l'homosexualité est clairement définie, malgré les revendications de quelques groupes militants en son sein. Elle considère que les pratiques
homosexuelles ne rentrent pas dans le plan originel de Dieu, et ne sont pas moralement acceptables. Cette condamnation ne porte que sur la pratique homosexuelle, non sur la pulsion qui peut y conduire. L'Église reconnaît en effet que l'orientation sexuelle peut relever de circonstances dont la personne n'est pas responsable, et qui n'engagent pas sa responsabilité. L'Église respecte les personnes homosexuelles et leur recommande, comme à toutes les personnes célibataires, de demeurer chaste dans la continence. Pour autant, en réponse à cette manifestation outrancière, ce défilé où finalement l'intolérance la plus arriérée n'était pas du côté que l'on pensait, n'a guère enthousiasmée les spectateurs présents à Metz et nombreux étaient ceux qui s'exaspéraient de cette volonté injuste de stigmatiser une religion (et pas une autre). Rappelons tout de même pour mémoire que la religion catholique est sans doute l'une de celle où la liberté individuelle est la mieux respectée dans le monde.
Jean-Pierre Cour