Cohabitation régionale paisible au PS ?
Con – sen – su - el !
Voilà la première posture que s'impose Roger Cayzelle, patron des socioprofessionnels lorrains et président de la seconde assemblée du Conseil régional. Pour autant, cette proximité de deux socialistes à la tête de la Région pourrait produire des étincelles. La preuve !
Dans sa première conférence de presse post-élections régionales, le président du Conseil
économique et social de Lorraine (CES), Roger Cayzelle, note trois faits qui lui semblent incontournables lorsqu'il analyse la victoire de J-P Masseret. Un, sa victoire est indiscutable ; deux, J-P Masseret a été porté par une vague nationale et trois, <<J-P Masseret est un vrai bosseur !>>, lance Roger Cayzelle tout miel. Pour autant, et là le vinaigre affleure de nouveau, il reconnaît que bien peu de Lorrains connaissent ce président (19 % pouvaient le nommer, apprenait-on dans un sondage réalisé avant les élections).
Le Luxembourg n'est pas un ennemi !
Il poursuit : <<La droite n'a jamais pu trouver un angle d'attaque pour contrer la gauche. Cependant, le "fait régional" est en panne et je ne vois aucun débat permettant de savoir comment l'on s'en sort. De sorte que, après ces élections, tout reste encore à construire. Je rejoint les axes forts de J-P Masseret qui sont : S'engager pour une Lorraine "durable"… même si je suis curieux de savoir ce que l'on met là dedans !... Sécuriser le parcours professionnel, aider au développement économique et appliquer ces politiques aux territoires lorrains. Je pense pour ma part qu'il faut aussi clarifier la place des villes et des espaces ruraux dans ces orientations politiques. Là dedans, le CES est un producteur d'idées et il faut sortir de la conflictualité mais je rappelle qu'en septembre dernier, J-P Masseret était venu dire à notre tribune que nos travaux ne l'intéressaient pas ! Et puis d'autres sujets "chauds" demeurent. Ainsi, la métropolisation d'Épinal à Thionville est incontournable mais Masseret s'interroge pour savoir ce que l'on doit faire avec le reste du territoire. Autre dossier, les relations avec le Luxembourg. On connaît le peut d'enthousiasme de ce président pour les relations transfrontalières. Il est temps, à mon point de vue de se rendre compte que le Luxembourg n'est pas un ennemi !>>, s'emporte déjà un peut le patron du CES.
Pas de vision globale !
Quand aux relations futures, Roger Cayzelle, admet de facto que la vie au Conseil régional ne sera pas un long fleuve tranquille. <<Je sais que le vote du budget est aussi un moment chaud. Nous ne sommes pas le Cour des comptes mais (et c'est un exercice juridiquement obligatoire), nous appliquons "la règle du 1er mot". Cela revient à dire que nous devons d'abord analyser le budget régional et présenter nos avis. Force est de constater que les élus de la Région lorraine n'aiment pas cela. Pour moi, la Région ne possède pas une vision globale de son territoire. Ainsi, nous devons être l'une des rares régions à ne pas disposer d'un Schéma de développement régional… Nous, pour notre part, nous avons mis en place un tableau de bord costaud qui pourrait inspirer les élus régionaux. Je ne sais pas s'ils s'en servent. Deuxième outil proposé par le CES : "Les notes du CES". Je crois que nous devrions tous travailler aussi sur l'image et l'attractivité de notre région. La Lorraine survit sur ses ressources du sous-sol. Mais quelles sont les ressources de demain ? Pour notre part, nous, nous travaillons. Ainsi, le 18 juin prochain, le CES devrait œuvrer sur un pays limitrophe et proche : l'Allemagne. Nous ferons aussi une séance sur la mobilité en Lorraine le 23 juin et en septembre, nous seront à Benoite-Vaux, en Meuse, pour traiter de la ruralité. Pour faire plaisir à nos amis du Modem, nous parlerons également du bois en Lorraine au mois d'octobre… Pour parler du futur, il faut reconnaître que les deux à trois années qui viennent vont être très dures. La Lorraine doit avoir un positionnement politique qui donne une cohérence à un territoire qui n'en n'a pas !>>.
Jean-Pierre COUR