Armée russe : le géant rouillé
Avec 1 140 000 militaires dans le service actif et 2 000 000 réservistes, les Forces armées de la fédération de Russie sont la quatrième plus grande armée du monde, pour un budget estimé à 70 milliards de dollars en 2008. Pour autant, selon l'attaché militaire français de l'ambassade de France à Moscou, cette armée a du mal à se comparer avec les forces armée occidentales.
L'actuelle armée russe, formée en 1992, est l'héritière de l'ancienne Armée rouge, puis Armée soviétique (de 1922 à 1991, année de la dislocation de l'URSS). Elle a hérité de l'armement et de l'équipement de l'armée soviétique située sur le territoire russe, ainsi que de la totalité de l'arsenal nucléaire soviétique qui lui a été transféré par le Kazakhstan, l'Ukraine et la Biélorussie.
Des menaces biens présentes
Après la chute de l'URSS, malgré la baisse des effectifs et du budget, l'armée russe reste une armée de premier plan à l'échelle mondiale en terme volumétrique d'hommes et de matériels. La Russie doit se protéger contre diverses menaces : menaces indépendantistes au sein de la Russie, menaces de ses voisins de l'Ouest, d'Asie Mineure, du Japon, de Mongolie et de Chine. Ses effectifs sont évalués à 1 140 000 militaires et 2 000 000 réservistes et use d'un budget de 70 milliards de $ en 2008. Cependant, ce géant peine à actualiser son arsenal et la Russie vient, au cours de l'année 2009, de lancer une vaste campagne de renouvellement de son matériel (dont beaucoup viendront des pays occidentaux).
Des faiblesses organiques
La demande en nouveaux matériels devient en effet cruciale lorsque l'on apprend que lors de la riposte russe en Ossétie, des avions russes furent abattus par leur propre DCA du fait de l'absence de codes d'identification avec les forces terrestres et l'aviation russe. Par exemple et pour expliquer aussi les choses, les pilotes russes ne disposent que de 40 heures d'entrainement alors qu'un pilote français perd ses qualifications s'il ne réalise pas 130 heures de vol. Autre exemple, l'armée russe est aujourd'hui incapable de se battre de nuit ne disposant pas de matériel de vision nocturne comme ne possède la France. Cela obligerait les Forces armées de la fédération de Russie, en cas de conflit avec une armée moderne, à re-fabriquer de nombreux obus éclairants avec les problèmes de productions et de logistiques liés à cette problématique.
Une réactualisation
Il est à savoir aussi que même si la Russie est le premier vendeur d'armes au monde, cela fait plus de dix ans que les Russes n'ont plus produit un seul char d'assaut. De ce fait, un savoir faire s'est perdu tant chez les ingénieurs et qu'au sein des personnels de l'armement et il leur coûterait aujourd'hui plus cher de fabriquer leur armement que de l'acheter à des pays tiers. Le revenu moyen des officiers et ingénieurs russes est si faible que beaucoup vivent d'expédients et travaillent à côté. S'ajoute à cela le fait que les officiers sont bien mal lotis, ont peut d'expérience du commandement et sont restreint dans leur capacité de renseignement avec des moyens de communication d'un autre âge. Et c'est donc très logiquement la raison pour laquelle la fédération de Russie vient de lancer un appel d'offre pour du matériel militaire et, dans le même temps engage une réforme de l'armée qui réduira de plus de 10 % ses effectifs (par comparaison : - 30 % de déflation pour la France dans le cadre de la professionnalisation de l'armée), surtout chez les sous-officiers et les officiers. De ce fait, il est bien logique que la Russie soit intéressée par l'achat, à la France, d'un grand bateau-atelier comme l'Ouragan. Il ne s'agit donc pas ici d'une course à l'armement mais bien de réactualiser leurs matériels.
Jean-Pierre Cour