régime pour le régiment ?

Publié le par JPC

La programmation du départ du 1er régiment médical de Châtel-St-Germain vers la grande banlieue de Lyon doit se faire à l'horizon fin 2011, début 2012. En fait, d'aucuns s'interrogent pour savoir si on ne devrait pas, plutôt, recevoir ici les éléments du 3e régiment médical de La Valbonne.

 

Depuis un mois et demi, un bruit court comme quoi notre 1er régiment médical (1er RMed) de Châtel St Germain, dans la périphérie de Metz, ne pourrait pas s'installer en 2011 au camp de la Valbonne, dans l'Ain, car les logements des personnels ainsi que les infrastructures sont à la fois inadaptées et insuffisantes. Selon les militaires du 3e régiment médical installé sur place, il faudrait 40 millions d'euros pour réaliser les aménagements. C'est vrai que l'on passe d'une structure d'un millier de personnes à 2055 personnels avec l'apport du régiment lorrain auxquels il faut ajouter les 69 personnels du centre d'instruction de la santé de l'Armée de terre qui accompagneraient là-bas, le régiment.

 

L'argent de la guerre

Le ministère de la Défense, tout comme les militaires de la Valbonne, avouent qu'à ce jour, les priorités financières de l'armée ne penchent pas vers le "débridage" (sic) des finances envers les services de santé des armées. L'armée à donc fait remonter l'information de cette impossibilité auprès du ministre par la voie hiérarchique mais le ministère reste muet sur le sujet tout comme l'échéancier du transfert problématique du 1er RMed. Par ailleurs, au ministère, on reconnaît que dans la loi d'orientation militaire, la priorité n'est pas, en effet, donnée aux régiments médicaux. De fait, il semble aujourd'hui difficile de projeter ce gros régiment à l'horizon 2011. Du côté du 1er régiment médical on est inquiet : <<On ne sait pas quand et on ne sait pas ou nous allons aller>>, constate désabusé un officier supérieur de ce régiment.

 

Partir ? : C'est tout le contraire !

Par ailleurs, une partie des personnels civils risquent de se retrouver "le bec dans l'eau" dans cette opération car si le régiment arrive sur un site où se trouve déjà les personnels civils en suffisance, les civils de Metz ne pourront suivre le régiment. En tout état de cause, pour le gouverneur militaire de Metz : <<Le régiment partira peut-être avec du retard, mais il partira !>>. Partira… partira… la chose reste encore à voir et on se demande aujourd'hui qui partira en premier. En effet, ce pour quoi se battent les élus locaux tout comme les députés du coin est tout autre chose : En fait, il s'agirait plutôt de rapatrier ici les éléments du 3e régiment médical de la Valbonne. De fait, et par voie de conséquence, les casernes, ici, peuvent facilement et sans grande transformation, recevoir un surplus de personnel sans de gros efforts financier. A La Valbonne, c'est tout le contraire qu'il faudrait faire. De plus, dans le cadre de la projection de ces unités, que ces unités partent de Metz ou de Lyon ne change pas grand-chose quand il s'agit d'aller travailler, par exemple, en Afghanistan. Autre aspect des choses, à La Valbonne, le régiment médical fait un "pôle médical" avec l'hôpital militaire de Lyon. Et bien il est possible de faire tout aussi bien avec l'hôpital militaire Legouest de Metz puisque l'on possède ici aussi, en plus, un centre d'instruction de la santé de l'Armée de terre.

 

Tout cela revient à dire que si nous n'arrivons pas à récupérer le 3e régiment médical la chose sera plutôt due à un tragique manque de persuasion des élus lorrains et de la faiblesse du lobby politique local auprès de Nicolas Sarkozy que du fait d'une réflexion stratégique sur la carte des implantations militaire en métropole.

 

Jean-Pierre Cour

 


infos +

Créé le 1er juillet 1992, le 1er régiment médical est l'héritier des traditions des formations médicales du corps expéditionnaire français en Italie commandé par le général Juin. Son drapeau porte l'inscription "Italie 43-44 ". Sa devise est " partout, pour tous "

 

Le 1er régiment médical est implanté à la caserne Serret à Chatel-Saint-Germain, à 7 km de Metz. La région est frontalière avec le Luxembourg, l'Allemagne et la Belgique. Sa mission principale est le soutien santé du combattant qui doit être assuré d'être traité au plus tôt et de bénéficier des techniques médico-chirurgicales les plus modernes. Les événements politico-stratégiques récents ont mis en évidence la nécessité de disposer d'un régiment médical capable de remplir des missions tant dans le cadre d'intervention extérieures que dans celui d'actions à vocation humanitaire.

 

Le régiment est articulé en 7 compagnies, les effectifs sont de 1130 personnels répartis comme suit : 41 officiers, 187 sous-officiers, 870 militaires du rang et 32 personnels civils. En terme de matériel, il est équipé de camions super lourds, véhicules de transport logistique avec remorque pour le transport des éléments techniques modulaires, véhicules de l'avant blindé version sanitaire etc.

 

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