Françoise Grolet : fer et velours
Françoise Grolet, du groupe FN au Conseil régional, participe à la commission permanente au sein de la commission du lien social, dans laquelle on trouve aussi la santé, la culture… Cette dernière responsabilité allant, de son point de vue, au-delà des compétences de la Région. Son apparence semble l'éloigner de tout parti radical : erreur !
La voix douce et mesurée, le physique à l'avenant, Françoise Grolet est loin de l'image complaisamment véhiculée lorsque l'on parle des militants du FN. C'est sans doute la raison qui donne encore plus de poids à ses propos lorsqu'elle s'emporte de façon virulente sur le fond (mais toujours dans une tonalité sage dans la forme), devant les décisions du Conseil régional. Elle s'étonne même de notre surprise devant ce ton alors qu'elle publie un communiqué cinglant tous les mois sur la "commission permanente" (organe de concertation, elle se réunit tous les mois et assure, entre les sessions, le suivi des affaires courantes pour lesquelles l’Assemblée régionale lui a donné délégation, ndlr) du Conseil régional. Pour elle, les dérives sont constantes. Les plus récurrentes sont les subventions versées aux associations dans le cadre du lien social qu’elle qualifie de "communautaristes" et liées à l'immigration en Lorraine. Selon Françoise Grolet, on va à l’inverse de l’intégration en donnant, par exemple, une subvention pour une "soupe de fin de ramadan". Elle ajoute : "On les pousse dans un ghetto, on les marginalise plutôt. Vous pensez que l'on ferait la même chose si l’Eglise catholique présentait un dossier de subvention pour un repas de fin de Carême ? La présentation est perverse ; entretenir les racines, pourquoi pas mais l'on est toujours à la frontière de la non-intégration. Lorsque je dis cela, Thierry Jean (Modem-socialiste) me dit : vous voulez les mettre dans des camps ! C'est primaire et stupide. De fait, le Conseil régional joue là un mauvais scénario. Les pseudos bons sentiments ne font pas une politique. En fait, ils achètent la paix sociale".
Contre les associations communautaristes
Dans le même temps, on ne peut s'empêcher d'interroger F. Grolet en lui disant que le FN n’est pas clair et ne peut-être absout d’arrière-pensée politique. Elle répond à cela que "l’argent des lorrains doit être bien utilisé. Pas contre notre pays. L’idéal c’est l’assimilation. Ma famille est originaire d’Algérie, les racines sont toujours variées mais l'on doit faire sien le pays où l’on vient. Il faudra bien un jour reconnaître qu'il y a un chiffre excessif d’immigrés en France. Pour qu'une greffe réussisse il y a des quotas à ne pas dépasser. Partout aujourd'hui la France doit se rendre aimable. Nous n'avons pas à avoir honte de nous. Arrêtons l'auto-dénigration. Par ailleurs, il est inacceptable que les associations communautaires aient un rôle social non contrôlé. Quand la Marseillaise est sifflée, les associations maghrébines sont atterrées par ces sifflets qu’elles ne souhaitaient pas. Mais leur objectif est de maintenir une identité, et de protéger une communauté. De façon plus subtile, ces associations s'occupent de soutien scolaire, de cuisine, de couture toujours autour d’une même identité. Cela va à l'encontre de l'intégration. Donc pas de subvention publique !"
Communauté d'idée
Toujours selon Françoise Grolet, la bonne méthode serait de permettre aux femmes de s’immerger dans la population et de travailler permettant, par l’exemplarité, une éducation pour les filles d’origine étrangère. La couture et la cuisine ne leur permettent pas de s’intégrer, elles restent entre elles et apprennent des choses qui ne sont pas professionnelles, donc système est illusoire. Avant, seules les collectivités territoriales étaient porteuses de projets, actuellement ce sont les associations et le chiffre explose. Elle ajoute : "Le FN n’est pas déshabillé par le sarkozisme lorsque l'on sait que la plupart des subventions sont votées par l’UMP, même si le groupe s’oppose ensuite au budget !". Interrogée sur ses relations avec le président de région au cours de ces commissions permanentes, Françoise Grolet répond : "Très cordiales. Jean-Pierre Masseret n’est pas dogmatique ; il n’aime pas les dépenses idéologiques et est soucieux d’une manière générale des deniers publics. Par exemple, sur une exposition contemporaine au Frac (fonds régional d'art contemporain) sur la famille qui militait au final contre la famille je me fais traiter de Goebbels, mais Jean-Pierre Masseret souhaite, lui aussi, contrôler à l’avenir la programmation car il a, comme nous, été choqué par la dite expo ! D’autant que le Conseil régional donne 700 000 euros par an au Frac, autant que l'Etat ! Mais la grande majorité des dossiers est voté par le FN, dans l’intérêt de la Lorraine".
Tradition familiale
Alors qu'est-ce qui divise le FN régional du PS ou de l'UMP ? A cela, elle rétorque : "Clairement le dossier Chambley. C'est un dossier très politique soutenu par la nouvelle majorité. L'UMP ne nous a pas aidés. Chacun vote pour son fonds de commerce ! Mais nous serons intransigeants sur les dossiers traitant du lien social. Les subventions aux pays en voie de développement ne sont pas du ressort de la Région ! Il est trop facile d’avoir l’air généreux. Cela signale un manque de cohérence. Il faut une vraie politique de développement, une politique du donnant-donnant. Ainsi, l’aide à la Chine est scandaleuse pour ce pays totalitaire par excellence. L’Europe finance par l’intermédiaire des régions alors que l’Etat doit contrôler ! On peut aujourd'hui échanger avec les pays étrangers comme les pays de l’Est". A la question : comment êtes vous venue au FN, Françoise Grolet répond : "Tout naturellement, étant étudiante je militais déjà. C'est une tradition familiale. Mes parents étaient déjà pro-Algérie-française et avaient une patrie à défendre. Je veux aussi transmettre certaines valeurs à mes enfants. Si le parti en avaient qui allaient à l'encontre de ma foi, je les réprouverais ; ce n'est pas le cas. Je souscris tout à fait au programme du FN !".
Chantal de la Touanne