Région lorraine : brèves de session
- Une groupe ou un couple ? - La "nouvelle droite populaire" (dissident FN) qui était, la veille encore, un groupe se retrouve n'être… plus rien au second jour de la session régionale. En effet, selon le nouveau règlement intérieur de l'assemblée, un groupe doit au moins être constitué de 4 personnes. Donc pour eux qui ne sont que deux la chose est réglée. C'est aussi vrai pour le "groupe Lorraine avenir" composé de M-J Zimmerman & J-L André (DVD), lui aussi composé de deux personnes. Pour Thierry Jean (ex-Modem) et Philippe Leclerq (ex-Vert) qui sont seuls, le problème ne se pose même pas. Donc pour ces "ex-groupes" il n'y a plus d'avantages spécifiques, de secrétariat, de bureaux, de temps de parole etc… Peut-être est-ce la saison de resserrer les rangs ou de faire des petits car aujourd'hui un groupe de deux ça s'appelle en région : un couple.
- Ca coûte quand même trois sous - Gesticulations autour de la gare de Louvigny. Après l'émoi occasionné par la "boutade" de Jean-Pierre Masseret qui semblait dans un premier temps abandonner le projet, ce dernier est revenue en assurant, mains sur le cœur, que c'était là le moyen, tout au contraire, de réactiver le débat sur cette gare. Évaluée aujourd'hui à 110 millions d'euros, cette gare de Vandières en projet devrait, paraît-il remplacer Louvigny (qui elle n'a coûté qu'un peu plus de 5 millions d'euros, qui fonctionne et qui pour l'instant faire l'affaire de tout le monde). Il va tout de même falloir expliquer aux Lorrains ces nouvelles largesses réglées avec de l'argent public.
- Encore à côté de la plaque - Toujours au sujet de l'hypothétique gare sur pilotis de Vandières, Jean-Pierre Masseret assure que la direction de la SNCF va mettre à la disposition de la Région des ingénieurs afin de prouver la pertinence de cette gare en Meurthe-et-Moselle. On s'interroge pour savoir si la chose est aussi astucieuse que cela en se rappelant que ces mêmes ingénieurs annonçaient de façon définitive et péremptoire que le TGV-Est serait un échec commercial… On sait aujourd'hui la pertinence de leur analyse. Ils sont passés complètement à côté.
- <<Y faut pas gâcher !>> - C'est ce que disait tout de même le président de région en parodiant Guy Roux, l'entraîneur des footballeurs bourguignon d'Auxerre. Ce qui veut dire que soucieux de l'argent public, il ne pourra tenir la chose que si cette gare de Vandières, que d'aucuns disent pertinente, rassemble l'ensemble des Lorrains. Il va tout de même être difficile de faire préjuger de cela aux Mosellans, Meusiens et Vosgiens. Cet argent risque d'être une manne qui pourrait être utilisée sur d'autres attentes plus urgentes aux yeux de certains Lorrains.
- Moins de TGV à Metz et Nancy ? - Un autre bémol encore pour la gare de Vandières, et c'est Christine Raffin, groupe "Pour la Lorraine" (UMP), qui s'en inquiète : <<Si la gare de Vandières devait voir le jour, nous sommes inquiets quant à son incidence sur la pérennité des arrêts TGV pour les villes de taille moyennes et les gare de Metz et Nancy>>.
- Il faut tout de même le dire - Autre information reçue lors de cette session du Conseil régional : "la gare de Vandières serait essentielles au développement de l'Espace central lorrain". Bon, tout le monde veux bien sauf les quelques kilomètres qui séparent la gare de Louvigny de celle de Vandières montrent que la gare mosellane est "aussi" au cœur de ce fameux "espace central" dont on nous rabat les oreilles depuis les années 1960 et qui est à ce jour à la Lorraine ce que le monstre Nessie est au Loch-Ness.
- Pas content – Il n'était pas trop content Roger Tirlicien (PC) à qui l'on avait confié une mission exploratoire sur le PPP. Comprenez Partenariat Public Privé. Ce PPP est un système de financement des actions publiques permettant à une collectivité de confier à une entreprise privée la mission globale de financer, construire et gérer des ouvrages ou des équipements publics. Au moment où l'Etat force l'admiration dans sa capacité de désengagement sous prétexte de décentralisation, cette possibilité semblait utile à la Lorraine pour rénover, par exemple, les lycées en piteux état. Sauf que R. Tirlicien veut encadrer les choses pour ne pas léser les artisans locaux etc… Résultat, le dossier n'est plus à l'ordre du jour de la session. Pourquoi et qu'est-ce que cela veut dire ? Lui-même s'interroge.
- Très chère médecine du travail – Dans un autre ordre d'idée, Jean-Pierre Liouville, vice-président en charge des finances se montre soucieux des coûts toujours plus exorbitants des personnels dépendant de l'institution régionale. Ainsi suite à un appel d'offre infructueux il a fallu créer, ex nihilo, un service de médecine du travail pour contrôler les 2 500 personnes que comptent aujourd'hui la Région avec, à la clef, l'embauche de médecins et de personnels médical. Selon le même, le remplacement dès le premier jour des personnels d'entretien absents dans les lycées coûterait aussi la peau des… à la Région.
- Mauvaise bonne idée – L'ex-groupe (voir plus haut) de la "Nouvelle droite populaire", partant du principe qu'un peu de populisme assurerait leur position (voire, leur renom), proposait que la Région lorraine redistribue au Lorrains l'argent toujours plus volumineux dégagé par la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers). Bonne idée ? Non, répond laconiquement Jean-Pierre Masseret, le président de Région, car cela va à l'encontre de l'article 40 de la Constitution interdisant aux parlementaires toute action ayant des conséquences financières négatives pour les finances publiques. Résultat des courses ? Circulez, il n'y à rien à voir… ni à recevoir.
- Motion en absence – Jean-Pierre Masseret vient d'engager la Région lorraine à signer la "Charte de Florence" (la ville) qui s'engage à être ou devenir une région sans OGM. <<Signons, cela ne mange pas de pain !>> plaisantait J-P Masseret. Et d'ajouter caustique : <<D'autant que J-Y Le Déaut (pro-OGM, ndlr) n'est pas ici et que l'on fait là un grand pas pour l'humanité !...>>. C'est vrai que cela ne l'engage pas beaucoup même s'il se dit ouvert aux progrès scientifiques mais frileux sur le fait que la chose place la planète qu'entre les mains de deux multinationales.
Jean-Pierre COUR