Metz, second tour... de table

Publié le par JPC


Comme la semaine passée, les trois protagonistes, anciens journalistes du Républicain Lorrains : Gilbert Meyer pour J-M Rausch (UMP), Maurice Padiou pour Dominique Gros (PS) et Richard Bance pour Madame Zimmermann (DVD), ont refait le match des élections municipales à Metz où Dominique Gros fut désigné comme nouveau maire. Elle sera diffusée le mardi 25 mars 2008 sur l'antenne de Jérico de 17 à 18 heures.


Associés à nos confrères de Radio Jérico, du Républicain, de JB Presse, les trois journalistes précités se sont "mis à table" au sein de la rédaction de l'Ami hebdo pour analyser ces élections messines. Avant l'analyse, tous étaient dans le constat. D'abord Maurice Padiou qui notait que la division de la droite (voire, des droites), a fait le jeu face à une liste de gauche unie, sans querelle ni pantalonnade. Richard Bance pour sa part niait l'importance du problème de la désunion mais repoussait le fait au manque de clairvoyance de l'ancien maire qui n'avait pas su partir à temps ni surtout assurer sa suite. Pour Gilbert Meyer, si l'union avait eut lieu, Dominique Gros ne serait pas, mathématiquement, à la tête de la mairie.

Le journaliste du Républicain Lorrain, Anthony Villeneuve s'interrogeait pour savoir la raison pour laquelle l'union n'a pas fonctionné à Metz entre les listes de droite. <<Le temps était court et il y avait des querelles de personnes. JMR tape depuis trop longtemps sur les gens>>, expliquait Richard Bance. Jérôme Bergerot de JB Presse ajoutait : <<Il n'y avait pas de volonté d'union. On dirait que l'on est au PSG et que certains font tout pour détruire le jeux !>>. Gilbert Meyer expliquait alors : <<Dès le mois d'octobre les choses se sont déréglées et le couple Masson-Zimmermann ne voulait plus y aller et les électeurs aujourd'hui ont marre de cela. La cohérence était pour D. Gros>>. <<Le fait est que de nouveaux électeurs messins ont votés pour Gros>> notait Anthony Villeneuve <<…et il faut penser à la vague rose nationale>>, complétait Maurice Padiou. Chacun convenait aussi que Jean-Marie Rausch avait manqué en n'intronisant pas un héritier>>.

Maurice Padiou notait aussi la profonde volonté de changement des Messins ainsi que le pouvoir trop autocratique de l'ex-maire : <<Les gens veulent du sang frais>>. <<S'ajoute à cela une participation minable qui vient sûrement d'une certaine lassitude>>. Particularité aussi de la campagne, Anthony Villeneuve remarquait que JM Rausch avait un programme riche mais que le candidat, lui, n'était pas bon. Gilbert Meyer pointait aussi le fait que le particulier s'intéressait aux crottes de chiens et aux affaires concrètes sans jamais élever le débat qui, très globalement et pour toutes les listes, était indigent. Autre remarque de R. Bance, JM Rausch ne faisait pas parler ses colistiers en dehors de Noël Jouaville…

Gilbert Meyer notait aussi : <<Dans une élection, on est constamment dans la complainte des électeurs>>. R. Bance surenchérissait : <<Ce sont sur les personnes que les choix se sont faits. Pas sur les programmes. Padiou notait aussi que <<les abstentionnistes sont largement dépendants d'un sentiment de doute vis-à-vis de la sphère politique. Je crois que les citoyens doivent aller vers leur élu pendant tout le temps de leur mandat et pas seulement pendant la campagne. Pour sa part, Gilbert Meyer percevait aussi le fait que, bizarrement, le vrai pouvoir, l'argent et l'importance des choix politiques se traitaient sur le terrain mais que, finalement, cela intéresse peu les gens. Par contre, des élections éthérées comme les présidentielles, mobilisaient les foules.

Aujourd'hui, chacun reconnaît qu'il va falloir reconstruire dans la diversité mais que l'électorat est structurellement versatile et volatile. Au sujet de 2008.com qui s'était rallié à l'équipe Zimmermann-Griesbeck, il semble qu'Emmanuel Lebeau, la tête de liste, ait eut une logique pragmatique en continuant à exister dans l'opposition du Conseil Municipal même si le concept lancé par son équipe semble avoir aujourd'hui du plomb dans l'aile. Et Gilbert Meyer de conclure : <<E. Lebeau vibrionne mais il est vrai qu'il est difficile d'exister sur Metz. Mais il faut être intelligent et montrer que la droite à une autre tête qu'aujourd'hui. Ce n'est pas avec des haines recuites que l'on pourra faire quelque chose>>. Quant à la nouvelle équipe de Dominique Gros, Richard Bance note, cynique : <<Certes il faut être dans le renouvellement et D. Gros va s'en apercevoir car, dans son équipe, il y en a certains qui ont les dents longues !>>.

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