Barre à gauche !

Publié le par JPC

Dominique Gros étrenne le titre envié de 1er maire de gauche à Metz depuis l'instauration du suffrage universel instauré en 1848. Il a été élu avec 48,28 % des voix mais avec une forte abstention.

"Droite en lambeau ; Gros au bureau". Ce pourrait être le nouvel aphorisme messin. Depuis 37 ans, Jean-Marie Rausch semblait indéboulonnable amarré dans son hôtel de ville. Cette fois, il ne totalise que 27,41 % des voix arrivant très loin derrière son challenger mais toutefois devant ses deux rivales rassemblées au sein d'une très étrange coalition amalgamant Marie-Jo Zimmermann (DVD), Nathalie Griesbeck (Modem) et Emmanuel Lebeau (2008.com), dans le but avoué d'éjecter l'ancien maire de son siège. Ceci malgré l'accord pris avec Jean-Marie Rausch consistant à ce que l'un ou l'autre doive se démettre s'il arrivait en seconde position. Le pari de l'éjecter est ici réussi même si cette stratégie a permis à la gauche d'atteindre enfin le siège de 1er édile à Metz. Metz, ville de droite, est, de ce fait passée à gauche grâce à la division haineuse et un peu rance venue du sein de la droite. 

Cet accord DVD-Modem semblait de toute façon très artificiel puisque chacun connaissait le long antagonisme que Nathalie Griesbeck entretenait avec le couple Zimmermann-Masson. De fait, ce combat incessant entre elles était monté jusqu'au Conseil d'État en étant passé par tous les tribunaux, recours et Cours de cassations possibles. L'amalgame tenté entre elles deux n'aurait pas suffi, de toute façon, à élever le débat et leurs capacités d'atteindre la mairie malgré l'arrivée, dans cette scène de ménage, d'Emmanuel Lebeau. Ce dernier, appelé pour gonfler de ses voix ce mariage avec les 5,6 % des suffrages réalisées par l'équipe 2008.com. Emmanuel Lebeau trouve tout de même ici le moyen de survivre puisqu'il occupera l'un des sept sièges d'opposition au nouveau Conseil municipal. La chose risque, par contre, de coûter la vie à son mouvement, déstabilisé par cet accord politique incongru alors que 2008.com militait pour (et dans) un apolitisme militant.

De son côté, Dominique Gros profite aussi de l'onde rose nationale mais aurait pu s'en passer au vu de son score. Le soir de l'élection, il s'est dit pour une politique moins autocratique et plus ouverte… afin de ne surtout pas ressembler au maire précédent. Il veut rassembler et note qu'il est le dépositaire et non pas le propriétaire de la ville. Tout de suite, il a pensé à sa nouvelle opposition en souhaitant un fonctionnement municipal apaisé dans lequel cette opposition serait respectée. En tout état de cause, l'ancien maire, qui avait peur de rater sa sortie après 37 années de travail qui, chacun le reconnaît, ont transformé Metz, voit aujourd'hui sa crainte confirmée en devant quitter aussi piteusement la scène politique. Le lendemain, lundi soir, le maire invitait tous ses colistiers à un grand repas d'adieux qui marquait, là, la fin d'une époque.

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