Un AAAir de campagne anti-blues
François Fillon, venait en notre lointaine province, à Sarrebourg, visiter les usines Méphisto et délivrer un discours sur la compétitivité française au lendemain de la perte par la France de son triple A. AAAutant dire que ce ne fut pas simple !
On le sait, ce que craignait par dessus tout le Premier ministre François Fillon c'est que la France soit dégradée avant les élections présidentielles par l'une des plus importantes agence de notation financière. En effet, Nicolas Sarkozy s'était fait le champion du maintien de la France chez les bons élèves de la finance mondiale. Pas de chance. Alors, à Sarrebourg, dans les ateliers de Méphisto, le fabriquant de chaussures expert en export, entouré du député Alain Marty, de Nadine Morano, d'Éric Besson (qui est depuis le 14 novembre 2010 ministre auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, chargé de l'Industrie, de l'Énergie et de l'Économie numérique, ndlr), et de Patrick Weiten, président du Conseil général de la Moselle, le Premier ministre venait regonfler les troupes… A moins qu'il fut venu ici se rassurer lui-même. AAAllez savoir…
AAAugmentation et baisses des charges
Sarrebourg, vu de Paris, jouxte l'Allemagne. Et sur cette dernière, le Premier ministre avouait : <<On diverge alors que l'on voudrait converger. L'Allemagne qui était déjà dans une situation dominante risque de devenir, à l'avenir, hégémonique !>>. Alors c'est à Sarrebourg, chez le fabriquant de chaussure Méphisto qui assure 80 % de son chiffre d'affaire à l'export, que François Fillon tentait d'expliquer le positionnement de la France dans le domaine de la compétitivité française. Il tirait d'abord, et comme de juste, sur les 35 heures de Martine Aubry responsables, de son point de vue, du décrochage de la France. Toujours de son point de vue, la seconde raison du "non redressement" de la France face à l'Allemagne vient du coût horaire de la main d'œuvre. On notait ici une petite contradiction apparente puisque juste après il assurait que <<le sort de la France ne se résumait pas à une petite affaire hexagonale>>... Mais brisons là. Il se disait ensuite pour une plus grande flexibilité du personnel que l'on pouvait rattacher (mais sans qu'il le dise de façon explicite), à la "flexi-sécurité" déjà appliquée chez nos voisins nord-européens. Comme s'il faisait partie lui-même de l'opposition gouvernementale, F. Fillon expliquait avec force et détails que les charges pour les entreprises étaient bien trop lourdes ! Du coup, et reprenant alors sa casquette de Premier ministre, il se prononçait pour une diminution du poids des cotisations sociales et l'augmentation (mais sans préciser le détail et les cibles), d'autres prélèvements pour un montant équivalent. Les salariés pouvant dès lors obtenir des garanties sur certains sujets en échange "d'évolution" (?) sur d'autres. Au final, <<tout dépend de la situation particulière de chaque entreprise…>> concluait-il conjuguant, pour certains, indécision et flou AAArtistique.
AAAxes prioritaires
Le Premier ministre expliquait ensuite les trois priorités de son gouvernement : le soutien et la simplification de l'activité partielle compensée par de la formation, l'accompagnement des chômeurs avec l'obligation pour ceux-ci d'accepter l'emploi proposé par le Pôle Emploi, et enfin, un effort sur l'insertion des jeunes avec le dispositif "zéro charge" pour les PME. François Fillon proposait aussi aux entrepreneurs d'organiser eux-mêmes leur filière et exhortait les banques à jouer le jeu. Cette belle journée de campagne se terminait alors, en compagnie de militants venus en bus, par le verre de l'AAAmitié.
Jean-Pierre COUR