Shadow cabinet !
Elue fantôme… ombres… Nathalie Griesbeck change son niveau d'existence.
Nathalie Griesbeck, députée européenne Modem, se félicite de la réforme des gardes à vue. C'est logique puisqu'elle est membre de la Commission "libertés et justice" au Parlement européen. Elle se félicite donc, dans un communiqué de presse, que la France s'aligne enfin sur le droit européen. Jusque là, rien que très normal. Ce qui est plus étrange, dans ce communiqué, c'est l'entête de celui-ci. Sous le nom de la députée, on lit : députée européenne. Là encore, rien que de très habituel. Mais c'est après ce mandat électif que cela se corse. Juste en dessous de ce double intitulé on peut lire : "Membre du shadow cabinet du MoDem, chargée des libertés et de la Justice" (sic). Mais qu'est-ce donc que ce "shadow cabinet" ? Sur le site du Modem, on peut lire en toutes lettres : "François Bayrou s'est doté d'un "shadow cabinet" (cabinet fantôme), sorte de gouvernement virtuel dédoublant les principaux ministères chargés de porter ses propositions … Ce cabinet, composé de 22 membres fut officiellement intronisé lors de l'université de rentrée du MoDem sur la presqu'île de Giens dans le Var. Le parti centriste entend ainsi faire la preuve qu'une équipe solide existe dans ses rangs pour affronter les temps qui viennent…". Sorte de démocratie à l'envers, ces heureux mandatés, élus par un seul (François Bayrou), font donc partie de ce "cabinet des ombres" sans doute inspiré du modèle britannique où la démocratie parlementaire fonctionne sous le système de Westminster. Là-bas, la responsabilité principale du cabinet fantôme est de critiquer le gouvernement en place et d'offrir une alternative, le but étant d'avoir un gouvernement déjà en place prêt à prendre le pouvoir en cas de victoire électorale. Du coup, on apprend deux choses : d'une part que Nathalie Griesbeck est bien dans l'opposition gouvernementale et que, d'autre part, le Modem est le pays du monde à l'envers (ou de la démocratie à l'envers), puisqu'on est là dans un parti démocratique où un seul élit tous les autres ! Reste maintenant à souhaiter que notre Nathalie Griesbeck locale, dans les prochaines élections (locales, elles aussi), ne sera pas une "ombre" et n'aura pas des résultats "fantômes". Tout au moins, est-on sûr de la "transparence" de son action. La transparence, les ombres et les fantômes, c'est sans doute très bien en politique, mais c'est aussi une arme à double tranchant… En même temps, on n'a jamais vu qu'une arme à double tranchant ait jamais tué un fantôme…
Jean-Pierre COUR