Le Républicain Lorrain mis en vente
Le quotidien lorrain basé en Moselle, racheté en 2007 par le Crédit Mutuel, va être remis en vente par la banque. Les explications :
Michel Lucas, directeur général du Crédit Mutuel, a annoncé au cours d'une réunion informelle du comité d'entreprise sa décision de vendre le journal. La direction du se refuse à tout commentaire. Le Crédit Mutuel envisagerait aussi de se dégager du rachat en cours de L'Est Républicain et des Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA).
C'est sans doute là un coup de billard à trois bandes. En effet, par cet effet d'annonce Michel Lucas fait peur aux syndicats qui s'étaient mis en grève au sein d'un mouvement national le 18 février dernier ; il se défait ensuite du rachat onéreux de l'Est Républicain aux dettes abyssales et il anticipe le véto de Bercy. De fait Michel Lucas a affirmé qu'il demanderait "l'arrêt des frais" à l'Autorité de la concurrence. Enfin, et dernière bande du billard, il évite de subir les "gros yeux" des actionnaires du Crédit Mutuel qui s'interrogent de plus en plus ouvertement sur la stratégie de cette banque qui s'investit fortement dans le monde de la presse écrite. Une réunion se tenait le 1er mars dernier au Luxembourg auprès d'acheteurs potentiels. S'agit-il d'Edipress (Tagleblatt, Le Jeudi, l'Essentiel, Le Quotidien) ou du groupe Saint Paul (Luxemburger Wort) ? À l'heure où nous écrivons ces lignes, le doute persiste.
Il est à noter que la banque est propriétaire, au Grand-Duché, de la Banque de Luxembourg et détient de ce fait 50 % du journal Le Quotidien. Le Crédit Mutuel est aussi le propriétaire de divers quotidiens : Le Progrès, Le Dauphiné Libéré, Le Bien Public et Le Journal de Saône-et-Loire. Cette concentration forme le groupe Est-Bourgogne-Rhône-Alpes (Ebra). Cette structure possède en outre 80 % du journal L'Alsace de Mulhouse. Aujourd'hui, le quotidien messin est contrôlé à 100% par le Crédit Mutuel. Il a une diffusion totale de 133 200 exemplaires en 2010. C'est un chiffre en recul de 2,8% par rapport à 2009. Le journal, dont le bilan a été excédentaire en 2010 selon les syndicats, compte 670 salariés dont 150 de journalistes.
Jean-Pierre COUR