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  • 01/01/2008
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  • Je suis journaliste. Mon objectif ? être l'émissaire du remarquable

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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 11:21

L'extrême droite souvent sous-estimée dans les sondages vient encore de démontrer la chose en Moselle. Si, dans les grandes villes, la gauche arrive à tirer son épingle du jeu, ce n'est pas la même chose ailleurs. En Moselle, Hollande fait 24, 53 %, Nicolas Sarkozy 25, 93 et Marine Le Pen 24, 73 %.

 

VOTE-PHOTO-JP-COUR.jpgMarine Le Pen est bien le signe extérieur visible d'une crainte intérieur. C'est le vote de la peur ; peur du futur et du désenchantement face aux discours politiques. Car si le vote Jean-Luc Mélanchon du Front de Gauche exprime la colère, c'est donc bien la crainte, exprimée par le vote Marine Le Pen, qui domine en Moselle. Pour preuve, une ville symbolique comme Gandrange offre 22, 03 % de ses voix à marine Le Pen, 14, 87 % à Nicolas Sarkozy et seulement, pourrait-on dire, 23,23 % à François Hollande. J-L Mélanchon, pour sa part ne recueillant que 7, 57 %. Soit un total (hors autres petits candidats) pour la droite de 36, 90 % et 30, 80 pour la gauche dans cette ville ouvrière.

Une droite décomplexée…

Il est à noter que les territoires jouxtant les frontières allemandes ou luxembourgeoises font laR.-Cayzelle-photo-JP-Cour.jpg part belle à la droite et à l'extrême droite. Roger Cayzelle, le président du Conseil économique, social et environnemental de Lorraine, plutôt positionné à gauche, explique : <<Un tel rejet pour un président en place est une première. Mais elle est sans surprise. Pour autant, le bon score national de François Hollande ne génère que peu d'espoir pour la Lorraine. Je n'espère guère de changement pour les préoccupations des Lorrains. Ici, Nicolas Sarkozy paye cash sa maladresse de Gandrange>>.-FN--THIERRY-GOURLOT-PHOTO-JP-COUR.jpg Thierry Gourlot, du Front National, exprime son satisfecit : <<On ne va pas bouder son plaisir ce soir. La chose marque la désespérance de la population et aujourd'hui nous, nous ne désespérons pas d'envoyer des députés à Paris aux prochaines législatives>>.

 

 

…et une gauche déçue.

(PS) JEAN-MARC TODESCHINI PHOTO JP COURDe son côté, Jean-Marc Todeschini, sénateur socialiste et secrétaire général du PS en Moselle nous expliquait : <<La colère s'est exprimée en Moselle. L'électorat, ici, est désappointé, perdu, mais je sais que la Moselle n'est pas d'extrême droite. Il faut aider les gens à comprendre leur intérêt à voter François Hollande. Nous avons devant nous un gros travail d'explication. Les campagnes sont à reconquérir. Toutefois à Metz, nous avons fait un très bon score avec François Hollande qui a fait 29, 9 % des voix et Mélanchon 10, 9 %. Sarkozy fait, lui, 26, 7 % et Marine Le Pen 17, 3 %>>. Pour sa part, Daniel Béguin, élu des Verts au Conseil régional,-ECOLO--DANIEL-BEGUIN-PHOTO-JP-COUR.jpg juge la campagne des écologistes désastreuses et considère qu'il est aujourd'hui difficile pour eux de négocier avec le PS. Il complète : <<Eva Joly fut une erreur de casting. Moi, je militais pour Nicolas Hulot. On vient de louper une sacrée marche !>>. Comme ailleurs en France, en Moselle, le centre de François Bayrou s'effondre à l'avantage des votes extrêmes avec un score à 9, 29 %.

A quand le vote blanc ?

La chose serait peut-être différente si le vote blanc était pris en compte. Ce n'est pas le cas aujourd'hui puisque l'article L66 du code électoral, dans sa version consolidée au 17 mars 2008, disposait que "les bulletins blancs n'entrent pas en compte dans le résultat du dépouillement", ce qui revient, en pratique, à les assimiler au vote nul lors de la proclamation des résultats. C'est une disposition que les prochain députés auront en charge de faire évoluer… mais il y a peut de chance que les choses changent puisque cette prise en compte du vote blanc déshabillerait la plus grande majorité des partis politiques qui verraient la mise en lumière de la distance qui existe entre leurs appareils politiques et les Français.

Vote FN : vote de la peur, mais surtout de la désespérance.

Si, comme nous le disions plus haut, le vote FN est inspiré par la peur et le dégout de la sphère politicienne, dans la vallée de la Fensch, comme à Florange ou encore dans la très symbolique ville de Gandrange, le vote FN monte en puissance de même que dans les bassins houiller et sidérurgique. Le FN réalise là une vraie percée. Il faut dire aussi que le Front National s'est adapté au territoire. Le discours et la présence de Marine Le Pen ont aussi été un élément déclencheur alors que nombre d'électeurs n'auraient jamais votés pour son père. Dans ces secteurs existe un réel sentiment d'abandon par les partis de gauche vus comme une assemblée de notables ou de "Bobos". C'est sans doute pour cette raison que François Hollande veut donner le droit de vote aux immigrés afin de remplacer cet électorat ouvrier que le Parti socialiste a perdu. Le vote Le Pen est aujourd'hui encore un vote protestataire, mais comme tout vote protestataire, il évoluera inévitablement vers un vote d'adhésion.

 

Jean-Pierre COUR

Par JPC
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Mercredi 4 avril 2012 3 04 /04 /Avr /2012 17:32

 

Pas moins de 34 daims de la base aérienne de Frescaty sont aujourd'hui pris en charge par la fondation Brigitte Bardot. Contactée en 2010 par les autorités de la base aérienne de Metz Frescaty, située à Marly, pour gérer plusieurs dizaines de daims en semi-liberté, la fondation Brigitte Bardot va prendre en charge 34 daims dont l'armée de l'air ne savait plus quoi faire. Les daims mâles n'en sont tout de même pas sorti indemne.

 

Les animaux vivaient sur le site de l’armée depuis 1995 au sein du mess des officiers entouré d'un grand par cet qui se reproduisaient sans contrôle. Devant faire face à la fermeture de la base prévue en juillet 2012, le Commandant Bertrand souhaitait trouver une solution "humaine" (sic) pour les animaux. La fondation Brigitte Bardot a décidé de relever ce défi en y mettant des moyens. Ainsi un parc d’accueil a été entièrement financé par la fondation en Bretagne afin d’accueillir une vingtaine de daims. Un 2e parc d’accueil a été aussi trouvé dans le Loiret pour accueillir en pension une vingtaine d’autres daims. Trois opérations, entièrement financées par la fondation, en octobre et décembre 2011 puis début mars 2012, ont été nécessaires pour capturer plus d’une trentaine de daims au fusil hypodermique avec l’aide de cinq sapeurs-pompiers.

Toujours ce goût de la castration !

Une vétérinaire spécialisée dans la faune sauvage a identifié, pucé, vacciné, vermifugé et testé pour la brucellose tous les individus ; les mâles ont été vasectomisés, afin d’éviter toute reproduction… On se rappelle du scandale de l'âne de Brigitte Bardot, lui aussi castré et qui avait fait scandale en son temps. Allons-nous vers une nouvelle polémique ? C'est à voir. Quoi qu'il en soit, les trois transports effectués par une société spécialisée vers les deux sites d’accueil ont également été financés par la fondation Brigitte Bardot. Cette fondation tient par contre à féliciter tous les acteurs engagés dans ce sauvetage et espère que cette réussite servira d’exemple à toutes les personnes qui pensent que l’extermination des animaux est la seule solution envisageable.

 

Jean-Pierre COUR

Par JPC
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 10:49

 

François Fillon, venait en notre lointaine province, à Sarrebourg, visiter les usines Méphisto et délivrer un discours sur la compétitivité française au lendemain de la perte par la France de son triple A. AAAutant dire que ce ne fut pas simple !

 F.Fillon-JP-Cour.jpg

On le sait, ce que craignait par dessus tout le Premier ministre François Fillon c'est que la France soit dégradée avant les élections présidentielles par l'une des plus importantes agence de notation financière. En effet, Nicolas Sarkozy s'était fait le champion du maintien de la France chez les bons élèves de la finance mondiale. Pas de chance. Alors, à Sarrebourg, dans les ateliers de Méphisto, le fabriquant de chaussures expert en export, entouré du député Alain Marty, de Nadine Morano, d'Éric Besson (qui est depuis le 14 novembre 2010 ministre auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, chargé de l'Industrie, de l'Énergie et de l'Économie numérique, ndlr), et de Patrick Weiten, président du Conseil général de la Moselle, le Premier ministre venait regonfler les troupes… A moins qu'il fut venu ici se rassurer lui-même. AAAllez savoir…

 

AAAugmentation et baisses des charges

Sarrebourg, vu de Paris, jouxte l'Allemagne. Et sur cette dernière, le Premier ministre avouait : <<On diverge alors que l'on voudrait converger. L'Allemagne qui était déjà dans une situation dominante risque de devenir, à l'avenir, hégémonique !>>. Alors c'est à Sarrebourg, chez le fabriquant de chaussure Méphisto qui assure 80 % de son chiffre d'affaire à l'export, que François Fillon tentait d'expliquer le positionnement de la France dans le domaine de la compétitivité française. Il tirait d'abord, et comme de juste, sur les 35 heures de Martine Aubry responsables, de son point de vue, du décrochage de la France. Toujours de son point de vue, la seconde raison du "non redressement" de la France face à l'Allemagne vient du coût horaire de la main d'œuvre. On notait ici une petite contradiction apparente puisque juste après il assurait que <<le sort de la France ne se résumait pas à une petite affaire hexagonale>>... Mais brisons là. Il se disait ensuite pour une plus grande flexibilité du personnel que l'on pouvait rattacher (mais sans qu'il le dise de façon explicite), à la "flexi-sécurité" déjà appliquée chez nos voisins nord-européens. Comme s'il faisait partie lui-même de l'opposition gouvernementale, F. Fillon expliquait avec force et détails que les charges pour les entreprises étaient bien trop lourdes ! Du coup, et reprenant alors sa casquette de Premier ministre, il se prononçait pour une diminution du poids des cotisations sociales et l'augmentation (mais sans préciser le détail et les cibles), d'autres prélèvements pour un montant équivalent. Les salariés pouvant dès lors obtenir des garanties sur certains sujets en échange "d'évolution" (?) sur d'autres. Au final, <<tout dépend de la situation particulière de chaque entreprise…>> concluait-il conjuguant, pour certains, indécision et flou AAArtistique.

 

AAAxes prioritaires

Le Premier ministre expliquait ensuite les trois priorités de son gouvernement : le soutien et la simplification de l'activité partielle compensée par de la formation, l'accompagnement des chômeurs avec l'obligation pour ceux-ci d'accepter l'emploi proposé par le Pôle Emploi, et enfin, un effort sur l'insertion des jeunes avec le dispositif "zéro charge" pour les PME. François Fillon proposait aussi aux entrepreneurs d'organiser eux-mêmes leur filière et exhortait les banques à jouer le jeu. Cette belle journée de campagne se terminait alors, en compagnie de militants venus en bus, par le verre de l'AAAmitié.

 

Jean-Pierre COUR

Par JPC
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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 14:28

Au moment où l'Europe perd son crédit aussi bien auprès des banques que dans le cœur de ceux qui l'habitent, au moment où une formidable crise monétaire secoue nos territoires, je m'interroge au sujet de celle-ci en m'attachant modestement à ce qui fait au moins le quotidien des Lorrains : La Grande Région. Cette dernière n'est ni un étalon, ni un référentiel, mais peut sans doute nous permettre de nous questionner sur un sujet prenant alors "taille humaine" permettant, ensuite, de porter un regard plus lointain, sur nos voisins européens. Nous avons interrogé les "pour" (Nathalie Griesbeck, députée européenne), les "contre" (Françoise Grolet, conseillère régionale de Lorraine) et Bertrand Mertz, maire de Thionville (interviewé par Rémi Alézine), est en première ligne concernant les pertinences et les contraintes d'une ville presque frontalière. Jean-Paul Berlocher, journaliste également de la rédaction messine de l'Ami-Hebdo, nous donne quant à lui,  sa perspective.

 

DRAP-EUROPEEN.jpgL'Europe, est-ce qu'il est encore permis d'y croire ? Disons le tout de suite, il vaudrait mieux, sinon c'est mal parti ! Pour autant, il faut bien reconnaître que l'on n'y comprend plus grand-chose. Et il n'y a pas que nous. Nous qui vivons dans un espace furieusement transfrontalier carrossé de trois frontières : la Grande Région SaarLorLux. On a l'impression que ceux qui sont censés s'occuper de cette grande usine à gaz qu'est aujourd'hui l'Europe ne semblent ne plus savoir à quel saint se vouer (D'où peut être l'éventuelle canonisation de l'un de ses pères, Robert Schuman, lancée il y a peu avec plus d'enthousiasme que de volonté populaire). Nos dirigeants semblent même ne plus savoir comment elle fonctionne. Trop complexe l'Europe ? Ça donne cette impression, car quel que soit le domaine, la "complexification" semble être le péché mignon de cette institution. Les plus rogues diront même que c'est là son moindre défaut. Par ailleurs, cette vieille Europe au sang si lourd semble avoir inventé le concept récurrent de la "politique punitive" grâce au génie de ses règlements pointilleux, empilables (et pourtant décalés) tout autant qu'abscons. S'ajoute à cela que nos politiques ne nous ont pas aidés à l'aimer. S'il sortait quelque chose de bon de l'Union européenne, c'était grâce à eux, bien sûr, et uniquement du au fait de leur travail acharné ; s'il en sortait une contrainte : <<C'est la faute à l'Europe !>>, proclamaient-ils aussitôt, l'air désolé, la main droite sur le cœur et l'index gauche pointé vers cette assemblée. Bref, ce rêve inaccessible de nos aïeux s'est muée, par on ne sait quelle vilaine fée Carabosse, en repoussoir global au sein de notre vie contemporaine avide et néophage. Le regard de nos concitoyens n'est donc, sur elle, pas très encourageant.
La Grande Région est une micro-Europe ?
Toutefois, faut-il aujourd'hui jeter le bébé avec l'eau du bain, voire, la baignoire, son savon et son canard en plastique jaune ? Non. Le bon sens commun reconnaît que cette institution nous évite depuis 60 ans les guerres armées. "L'Europe Verte", est encore (même si la chose se rétrécie aujourd'hui) le moyen financier de survie de notre agriculture assistée. L'euro fut un élément ralentisseur de la grave crise financière liée à l'implosion du capitalisme qui nous rejoint aujourd'hui du fait des carences décisionnelles de nos dirigeants… Pourtant, comme un observateur sincère pourrait le reconnaître, l'Europe est tout de même bonne fille avec nous. Cela même si, bien sûr, l'Europe de la défense défile au pas décadencée ; l'Europe fiscale tarde à harmoniser sa législation cruelle mais nécessaire ; l'Europe de la justice bégaie ses premiers accords et que l'Europe législative s'accorde à coups de balanciers parfois outranciers ou quelquefois trop modeste. Mais malgré cela l'Europe de la culture existe, celle de l'Éducation émerge et celle des citoyens est déjà une réalité. Le programme Erasmus qui envoie nos étudiants élargir leurs études à l'étranger est aussi un véritable succès populaire, et Bruxelles vient de doter ce dispositif de moyens supplémentaires tant la demande est grande.
4 pays ; 2 vitesses
Dans notre Lorraine trois fois frontalière, en liaison avec la Wallonie, le Luxembourg ou la Sarre, la quotidienneté de l'Europe est une réalité. Il suffit d'en demander la confirmation aux 78 000 travailleurs transfrontaliers lorrains (204 000 dans la Grande Région) qui vivent de cette Europe au quotidien… Mais en fait, ce n'est pas tout à fait l'Europe… L'on parle ici plutôt de la Grande Région. Cette dernière est donc composée des quatre espaces précités à laquelle s'ajoute la Rhénanie-Palatinat et de la Communauté germanophone de Belgique située au nord du Grand-Duché. Il faut avouer que cette Grande Région marche elle-même à deux vitesses ; sur deux braquets : une zone centrale dont le Luxembourg formerait la capitale, la Moselle ainsi que le col de cygne du département de la Meurthe-et-Moselle allant globalement de Pont-à-Mousson à Longwy, la région wallonne du Luxembourg-belge ainsi que de la Sarre. Les autres entités comme les départements des Vosges et de la Meuse, la Rhénanie-Palatinat ou encore le reste de la Wallonie allant jusqu'à la région bruxelloise, étant bien moins intéressés par ce petit laboratoire européen peuplé tout de même de plus de onze millions d'habitants. Mais, ici, nous n'avons pas l'intention de prendre une posture assiégée mais laissons parler les témoins :

J-P.C

 

Des racines et du zèle…
par Jean-Paul Berlocher :
jean-paul.jpgPar les armes et les conquêtes, Napoléon avait tenté de fabriquer une Europe susceptible de jouer dans la cour des grands qui se disputaient le leadership de la planète. Il oubliait qu’une terre n'est pas seulement un gâteau à partager, mais un idéal à bâtir. Un siècle et demi plus tard, le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères et son conseiller Jean Monnet, appelaient la France, l’Allemagne et d’autres pays européens à mettre en commun leur production de charbon et d’acier. Cette fois-ci, il n’était plus question d’édifier un puissant empire accouché aux forceps, mais de poser des bases concrètes pour recoudre la paix entre des peuples qui sortaient meurtris et exsangues d’un conflit fratricide. 
Une Europe "K-to-compatible"
Ce qui caractérise précisément les vrais grands hommes, ce n’est pas leur tableau de chasse ni le nombre de leurs trophées, mais leur aptitude à surmonter les crises en transformant les antagonismes en complémentarité. Robert Schuman avait engagé le processus au nom de sa foi, convaincu que l’histoire de notre continent ne pouvait pas être dissociée des siècles de christianisme qui l’avaient façonnée. Et le cardinal Josef Ratzinger, qui a choisi le nom de Benoît en référence au fondateur de l’Ordre des bénédictins, vénéré comme saint patron de l’Europe, a voulu manifester le souci de l’Eglise de participer à l’unification des peuples du vieux continent. Moyennant quoi, les chrétiens ne peuvent pas se contenter d’observer ni de juger la construction européenne par rapport à leurs convictions. Ils ont le devoir de s’y impliquer pleinement, pour que les valeurs qu’ils défendent ne passent pas en pertes et profits. Même si les états-majors n’ont pas souhaité que les racines chrétiennes du vieux continent soient explicitement affirmées dans la Constitution, l’Europe a tout de même apporté du bon, malgré ses approximations et ses tâtonnements. Depuis le Traité de Verdun, elle n’a jamais connu une période de paix aussi longue ! 60 ans sans conflits, ce n’est pas rien ! Schuman avait souhaité qu’elle soit le lieu d’une grande solidarité et c’est le cas, même si tout n’est pas parfait. Et, somme toute, les références chrétiennes restent présentes, y compris dans son emblème le plus visible, à savoir son drapeau. Dessiné par l’Alsacien Arsène Heitz, il est explicitement d'inspiration religieuse et mariale selon l’auteur lui-même, les douze étoiles n'ayant rien à voir avec le nombre de membres de l'Union européenne mais renvoyant à celles qui couronnent la Vierge de l’Apocalypse décrite par saint Jean.
Transferts de bas-fonds
Mais il est vrai que Robert Schuman n’avait sans doute par prévu que cette Europe de la réconciliation et de la fraternité devînt si bureaucratique, au point de s’éloigner des réalités concrètes et du souci des populations locales. Et il apparaît que la crise financière qui menace gravement son équilibre n’est pas qu’un épiphénomène qui se résoudra par un simple transfert de fonds. Elle concerne les fondements même d’un système qui engloutit les valeurs humaines dans la déferlante commerciale et engendre des inégalités sociales importantes. Question : l’intuition schumanienne est-elle toujours d’actualité ? Oui ! Mais…A condition que ceux qui s’y réfèrent acceptent de méditer les paroles prophétiques de Saint-Exupéry : « Jetez-leur du grain, ils vont se battre. Donnez-leur un temple à bâtir, ils vont s'unir. »

 

 

 "Pour" : Nathalie Griesbeck
 
1-Nathalie-Griesbeck-DR.jpgPour vous, la Grande région est-elle un espoir, un laboratoire ou une sorte de cancer de l'Europe ?
Nathalie Griesbeck : Dès aujourd'hui, par bonheur, la Grande Région est, pour nous tous du Grand Est, une réalité, avant même de s'imposer aussi comme un espoir et une promesse forte. Nous pouvons voir ce qu'elle est déjà et deviner ce qu'elle est appelée à devenir. Par conséquent, je sais très bien aussi, comme tous les Lorrains et plus particulièrement tous les Mosellans, ce que la Grande Région n'est pas : elle n'est en aucun cas une sorte de cancer de l'Europe (pour reprendre la formule morbide figurant dans votre question), ne serait-ce qu'en raison de cette réalité vive fondamentale que constituent pour nous les plus de 78 000 transfrontaliers qui travaillent au Luxembourg et en Allemagne et qui, en même temps qu'ils en vivent, tissent ainsi des liens par milliers au quotidien. C'est évidemment essentiel pour le présent comme pour l'avenir de l'Europe, car ici aussi, il n'est de richesses que d'hommes. Simplement il faut souhaiter qu'au sein de ce vaste laboratoire qu'est en même temps la Grande Région, les progrès soient beaucoup plus rapides par exemple pour resserrer et approfondir les liens et les synergies, qui existent déjà entre les différentes universités comme en matière d'investissements industriels et écologiques (projet ULCOS) ou encore de transports et d'énergie.
 
L'Europe de la finance déçoit le public. Quelle Europe préconisez-vous pour redonner de l'espoir à toutes ces populations ?
Nathalie Griesbeck : On critique aujourd'hui volontiers l'Europe (dont, ces derniers temps, les dirigeants, et en particulier les chefs d'Etats et de gouvernement, par leurs hésitations, leurs chamailleries immatures, leurs erreurs et leurs retards semblent vouloir chercher des verges pour se faire battre. Parmi ces critiques, certaines sont tout-à-fait justifiées, d'autres excessives et même parfois absolument injustes. L'actualité la plus récente fait que la question de la dette des Etats européens (et non de l'Europe en tant que telle) se pose avec urgence et s'impose si violemment aux princes qui nous gouvernent que parfois elle les élimine brutalement de la scène politique, comme Papandréou ou Berlusconi, que personne ne pleurera ! Au point aussi de rendre secondaires toutes les autres questions, comme on l'a vu récemment lors du G 20, dont Nicolas Sarkozy espérait tant pouvoir tirer un petit profit personnel : hélas, patatras ! Voilà tout par terre ! Mais en réalité, nos chefs d'Etat et de gouvernement européens marchent vraiment sur la tête ! Et nous contraignent à marcher ainsi avec eux, bien malgré nous. Mais les erreurs graves commises et les malheurs de la crise peuvent être en tout cas bons à quelque chose. En effet, les difficultés d'aujourd'hui imposent cette évidence que nous, les Démocrates européens, ne cessons, au Parlement, de rappeler et souligner : il faut que les Etats qui composent l'Europe, dont singulièrement la France (et pas uniquement l'Irlande, la Grèce et l'Italie dont on parle peut-être un peu trop et souvent mal), aient des finances et des politiques budgétaires saines et cohérentes pour pouvoir consolider et approfondir une véritable Europe économique et surtout sociale, au service d'un vrai projet politique commun d'avenir. Or aujourd'hui on se trompe et on nous trompe en mélangeant tout et en confondant la fin et les moyens. Pour sortir de la crise, il faut non pas moins d'Europe car on voit sous nos yeux à quelles catastrophes cela nous mène, mais au contraire plus d'Europe : pas une Europe qui va à hue et à dia, affaiblie par ses divisions et le retour en force des égoïsmes nationaux, mais une Europe qui se concentre sur l'essentiel. C'est cette Europe ressourcée et réorganisée, donc efficace et forte, qui est seule à même de redonner espoir en notre avenir nécessairement commun au cinq cents millions de femmes et d'hommes que nous sommes et qui, par le partage des mêmes valeurs démocratiques fondamentales, constituent la vraie richesse de l'Europe.

J-P.C

 

 "Contre" : Françoise Grolet
 
f-grolet-2-copie-2.jpgLa Grande-Région : Un espoir, un laboratoire ou un cancer de l'Europe ?
Françoise Grolet : Les reproches que fait le Front National à l'Europe sont transposables à la Grande Région. Les reproches que nous faisons à l'Europe sont d'être artificielle et de ne pas représenter la volonté des peuples. Les gouvernants ne respectent pas la subsidiarité et, en même temps, se saisissent de thème qui ne la concerne pas. C'est même le même reproche que nous adressons à l'organisation administrative de la France. D'ailleurs, les gens ne connaissent pas la Grande-Région. Ils ne la connaissent que dans les choses concrètes en trouvant du travail ailleurs puisque n’en trouvant plus en Lorraine. La preuve, les gens connaissent les lois leur permettant de travailler au Luxembourg, mais ne connaissent pas le Conseil parlementaire interrégional ou le Comité économique et social de la Grande-Région parce que ce sont là des choses où ils ne se sentent pas concernés. La Grande Région est une strate de plus. On a déjà les communes, les intercommunalités, les départements et la région, l'État, l'Europe... et entre cet État et l'Europe on va encore créer quelques chose. Ce pourrait-être un atout si l'on travaillait dans le concret et dans des opérations ponctuelles. Même s'il faut renégocier les traités européens, cela ne veut pas dire que nous allons nous terrer dans nos frontières. S'ajoute à cela que lorsque nous, Lorrains, discutons dans la Grande-Région, nous envoyons là-bas je ne sais combien de représentants : l’État avec le préfet, la Région et son président et ses vice-présidents, les présidents des quatre Départements etc. Cela alors que les autres ont souvent un seul représentant. Ne vaudrait-il pas mieux que ce soit les branches professionnelles elles-mêmes qui devraient se charger de leurs formations en relation avec les mêmes branches professionnelles de l'étranger ? Cette transversalité me paraît plus pertinente plutôt que la chose soit déléguée à la Région ? On serait plus dans le réel. S'ajoute encore à cela qu'en 2005 il y a eu un référendum qui a dit non à l'Europe et qui a été nié de façon antidémocratique. Depuis longtemps, au FN, nous ne disons pas "non à l'Europe", mais nous disons : Non à cette Europe là ! Il ne s'agit donc pas de nier notre identité européenne ni les atouts que nous apporte l'Europe. Nous voulons une Europe des nations qui respecte ces dernières. La fiscalité doit rester l'un des pouvoirs régalien des pays et il ne peut y avoir de cohérences fiscales puisque nous n'avons pas les mêmes politiques économiques. Les dirigeants d'aujourd'hui veulent d'une banque fédérale qui dirige tout et qui prenne les décisions économiques. Là, c'est quelque chose que nous ne voulons pas. D'ailleurs, pour en revenir à la Grande-Région, Jean-Pierre Masseret, actuel président de la Région lorraine, est aussi, aujourd'hui, dans le cadre de la présidence tournante de la Grande Région, président de celle-ci. Or, avant, il ne cachait pas son dédain pour ce grand machin et disait qu'il ne comprenait pas à quoi cela servait ! Je pense qu'aujourd'hui, la Grande Région devrait être dans le concret alors que l'on est dans le bla-bla et que l'on se monte la tête avec de grandes idées fumeuses dans cette, et je cite : "Grande Région métropolitaine polycentrique transfrontalière" ! C'est joli ; il fallait l'inventer… Un exemple signifiant, quand Center parc s'est installé ici, son dirigeant a dit : Je m'installe à Sarrebourg, pas dans la Grande Région. Il n'a jamais pensé à la Grande Région. Il a cherché ses intérêts et c'est tout. Et il l'a fait sans la Grande Région ! Finalement, la Grande Région est le moyen pour les institutions de se mêler d'autre chose que de ses compétences, de mettre son nez partout et d'en tirer des profits politiques pour eux.

J-P.C

 

 

Bertrand Mertz : « Je crois en une Europe fédérale »

Par Rémi Alezine

 

Bertrand-Mertz-photo-Remi-Alezine.jpgMaire d’une ville de Thionville qui concentre bon nombre de travailleurs transfrontaliers, Bertrand Mertz vit la Grande Région et l’Europe. Mieux, le socialiste la décrypte et l’analyse. Pour preuve, il a publié une tribune sur la social-démocratie européenne sur le site d’information Médiapart cet été. Bertrand Mertz fait le constat d’une Europe économique qui ne marche plus et il encourage les citoyens à se saisir du problème de la crise de l’Euro et de l’Europe.

Rémi Alezine : L’Europe d’aujourd’hui est-elle encore l’Europe de Schuman ?

Bertrand Mertz : Je pense que Robert Schuman avait avant tout pensé à une Europe de réconciliation franco-allemande et à une Europe des peuples européens. A l’arrivée on se retrouve avec une Europe de l’argent, des marchés et du business. Les gens n’y trouvent pas leur compte et on les comprend.

RA : En août dernier, avec le ministre du travail du Luxembourg Nicolas Schmit et l'eurodéputé sarrois Jo Leinen, vous avez publié une tribune sur le site d'information Mediapart. Dans cet article, vous lancez un appel à la rénovation de la social-démocratie européenne. Pourquoi ?

BM : Nous sommes trois sociaux démocrates, trois socialistes et nous avons essayé de regarder le plus objectivement possible face à quoi l’Europe se retrouve confrontée aujourd’hui. Nous avons tenté de faire une démonstration que les politiques qui sont mises en œuvre actuellement, qu'elles le soient par des gouvernements de droite ou de gauche, ne sont pas de nature à résoudre le problème de cette crise de l'Europe car il n'est pas abordé sous le bon angle. On tente de nous expliquer que cette crise est une crise de la mauvaise gestion, du défaut de la compétitivité. Ce faisant, on essaie de culpabiliser les peuples européens. Avec Jo Leinen et Nicolas Schmit, nous avons tenté de démontrer que tout ça est le résultat de décisions politiques qui ont été prises il y a quarante ans.

RA : Alors tentons un saut dans le temps de quarante ans en arrière. Que s'est-il passé à ce moment là, quand l'Europe cherchait finalement à exister politiquement et économiquement face à l'URSS ?

BM : Les décisions qui ont été prises il y a quarante ans ont eu pour objet de contraindre les états européens de se financer auprès des marchés et donc des banques. En France, c'est la loi du 3 janvier 1973 qui a interdit au Trésor Public de se financer grâce à la Banque de France et qui a contraint l’État de se financer auprès des marchés privés. Cette disposition a été élargie à toute l'Europe puisqu'elle a été reprise dans le Traité de Maastricht (1992) puis dans le Traité de Lisbonne (2007). Et donc on a mécaniquement obligé les états à s'endetter ! D'ailleurs, en France, le dernier budget voté à l'équilibre date de 1974. En 2010, la totalité des intérêts d'emprunt qui ont été payé par les contribuables français depuis 1974 représente 1400 milliards d'euros. Or, je le rappelle, la dette de la France est de 1650 milliards d'euros. On voit bien qu'aujourd'hui la quasi-totalité de la dette de la France sont les intérêts d'emprunts constitués par le recours au marché financier.

RA : Dans ce contexte, la Zone Euro est-elle encore viable ? 

BM : Je l'espère! En tous les cas je défends l'Euro. Je pense qu'il ne fallait pas le faire de la manière dont il a été fait mais maintenant qu'on y est il faut le défendre. Il y a des décisions urgentes à prendre et notamment celle de permettre aux États de la zone Euro de se financer auprès de la Banque Centrale Européenne. Il faut absolument mettre en place un système « d'eurobonds » (de cumuler les dettes des états en une seule dette européenne, ndlr), c'est à dire un système de mutualisation des dettes à l'échelle de la zone Euro. Sinon comment voulez-vous que des états comme la Grèce ou l'Italie puissent s'en sortir quand on leur fait payer des taux d’intérêts de 7 %, voire plus pour la Grèce !

RA : Parier sur une Europe de l'économie, n'était-ce pas finalement une erreur ? 

BM : J'avais publié un article dans « Libération » en septembre 1996 dans lequel j'expliquais que plutôt que d'avoir voulu créer l'Europe de l'argent et des marchés financiers on aurait d'abord dû faire une Europe des peuples et notamment une Europe de l'éducation. Je proposais, par exemple, un grand projet éducatif européen qui visait à permettre à chaque collégien ou lycéen d'aller passer une année d'étude dans un autre pays que le sien. Aujourd'hui on récolte ce que l'on a semé : une Europe qui n'a plus d'âme.

RA : Existe t-il encore un état d'esprit européen ? On a tendance à répondre oui dans un territoire de la Grande Région naturellement ouverts sur ses frontières...

BM : Ici on vit dans un territoire frontalier dont on peut dire qu'une partie de nos concitoyens vit l'Europe quotidiennement. Toutefois ce n'est pas ça avoir un esprit européen. Avoir un esprit européen, c'est l'idée que l'on participe à une communauté de destins. Aujourd'hui, cette civilisation européenne a lié son destin et deux mille ans d'histoire commune avec une vision globale de protection sociale, de services publics et un projet commun. Malheureusement j'ai le sentiment que cet état d'esprit existe de moins en moins.

RA : Cet état d'esprit commun semble difficile dans une union qui comporte des nations aux cultures bien différentes...

BM : J'étais contre le dernier élargissement tel qu'il a été fait parce que je pensais qu'on ne pouvait pas mélanger des pays avec des situations aussi différentes. Évidemment, il fallait accueillir les pays qui venaient de l'ancien bloc soviétique mais il fallait les accueillir différemment, avec une sorte de procédure d'accompagnement et de soutien. On a privilégié l'élargissement à l’approfondissement et on voit le résultat... A mon avis la seule solution à l'heure actuelle serait de repartir avec un noyau dur, probablement l'Europe des six du départ et d'aller véritablement vers des éléments de fédéralisme notamment sur le plan économique. A côté de ça, cette communauté de destins ne pourra exister que si nous donnons une âme au projet européen. Cela passe par l'éducation et la culture.

RA : Que peut faire le maire d'une ville comme Thionville, conseiller général, pour éveiller un peu cet état d'esprit européen ?

BM : Je fais ce que je peux (rires) ! En étant maire d'une ville proche de la frontière, je pense que j'ai contribué à resserrer les liens avec nos amis luxembourgeois. J'observe qu'auparavant il n'y avait pas autant d'échanges. Désormais, on se reçoit entre maires, on accueille des ministres... Je le fais en publiant cette tribune avec Jo Leinen et Nicolas Schmit sur Mediapart mais les moyens d'un maire sont bien modestes vis à vis de l'immensité des problèmes. En fait je crois qu'il faut que les populations se saisissent de cette question. A tout le monde de resserrer les liens culturels, d'organiser des échanges sportifs, commerciaux...

RA : Les citoyens paraissent dépassés par l'ampleur de la crise économique européenne...

BM : Ils ont tort de considérer que ça les dépasse. Si c'est le cas, c'est qu'ils ne croient plus à la démocratie car celle-ci repose avant tout sur l'action des citoyens. Je suis convaincu qu'il faut que les citoyens se saisissent de la question de la crise de l'Euro et de l'Europe. Finalement ils paraissent un peu passifs. Ils regardent les sommets se succéder les uns aux autres et ils attendent une solution. Moi je pense que la solution viendra avant tout de leur mobilisation.

RA : Quel est finalement l'idéal européen de Bertrand Mertz ?

BM : Je crois en une Europe fédérale. Je pense que dans le monde tel qu'il est en train de s'organiser avec les États-Unis et les puissances émergentes, l'Europe doit être capable de se constituer comme un véritable bloc uni sur tous les plans (économiques, de défense, culturels...). Pour s'organiser à ce niveau là, à ma connaissance, il n'y a que le fédéralisme.

Propos recueillis par Rémi Alezine

Par JPC
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 18:48
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=DsDd-uP7yl0
Par JPC
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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 18:05

Contre vents et marées, le Conseil économique, social et environnemental de Lorraine (CESL) ne veut pas lâcher son idée fixe : construire la très meurthe-et-mosellane, la très suspendue, la très superfétatoire et la très chère gare TGV de Vandières. Le monde change et s'enfonce dans la crise… le CESL n'en n'a cure. Son idée fixe est de construire une jolie gare, imitée en cela par la Région Lorraine qui trouve là l'expression concrète de son pouvoir sur les choses.

 

future-gare-de-Vandieres-DR.jpgLa gare sur pilotis de Vandières est hors-sol… Le CESL le devient lui aussi ! Pourtant les choses avaient bien commencé dans cette assemblée plénière de rentrée avec le discours mesuré et pour une fois optimiste de Roger Cayzelle, président du CESL, extraits : <<La Lorraine est en mouvement… Elle assure sa diversification industrielle dans de nouveaux secteurs… L'université de Lorraine se construit… Les villes se mettent en réseaux… Le paysage lorrain se redessine… Le comportement de nos concitoyens a changé… La construction métropolitaine doit s'arrimer aux territoires… Nous entrons dans une nouvelle culture du déplacement…>>. Jusque là, tout allait donc bien. Mais juste après cette belle profession de foi animée par cette délicieuse "utopie mobilisatrice" qui est l'apanage de ce cénacle velléitaire, les choses se mettent à déraper avec l'arrivée de Patrice Sanglier, le chantre carillonnant d'une gare TGV supplémentaire à Vandières (54). Ce dernier veut à tout prix (c'est le cas de le dire) et pour des raisons qui demeurent tout de même assez obscure, que l'on construise, à quelques kilomètres de l'actuelle gare mosellane de Cheminot qui fonctionne déjà très bien et au contentement de tous, la très coûteuse gare sur pilotis de Vandières.

C'est cher, mais on y viendra !
Pour cela, et sans doute pour mobiliser lui aussi les troupes des trois collèges (patronat, syndicat, monde associatif) des socioprofessionnels, Patrick Abate, vice président du Conseil régional de Lorraine en charge des transports, était venu, lui aussi, en tribune, montrer l'unité de détermination entre Conseil régional et CESL sur cette nouvelle gare. Appuyé par un argumentaire sur écran géant, Patrice Sanglier évoquait la nécessité de construire cette gare pharaonique. Il expliquait que cet outil allait faire vivre "l'espace central" (serpent de mer lorrain inventé dans les années 1970 et occupant l'espace entre Nancy et Metz et allant de Madine à l'aéroport régional, ndlr). Pourtant, il est à noter que personne ne lui a fait remarquer que l'actuelle gare mosellane de Louvigny se trouve, elle aussi, dans cet espace. Patrice Sanglier ajoutait, sûr de lui : <<Oui c'est cher, mais on y viendra !>>. Il assurait par ailleurs que cela allait "améliorer l'image de la Lorraine par un beau défi architectural montrant que la Lorraine a de l'ambition" (sic). Bref, cette gare de Vandières devient aujourd'hui la rencontre providentielle de technocrates en mal de reconnaissance, d'ingénieurs en mal de béton et d'hommes politiques en mal de postérité… Chacun combattant, bien sûr, pour ce qui lui manque le plus… Et tout cela, comme de juste, avec les deniers publics.

Un plaidoyer qui noircit
Pour autant, l'argumentaire de Patrice Sanglier se combattait lui-même puisqu'il était obligé de convenir dans son arrangue que : <<oui, ceux qui viennent en voiture auront une perte de temps, s'ils viennent de Metz ou de Nancy, de plus d'un quart d'heure en venant par l'A31. S'ajoute à cela qu'il faudra traverser la ville de Vandières à 50 km/h et que l'accessibilité est moins aisée qu'à Louvigny... Certes des questions restent posées sur le coût des infrastructures qui entourent cette gare, sur les dessertes de la Lorraine par le TGV, sur les temps de trajet et sur les conditions d'accès et la réutilisation de l'actuelle gare de Louvigny>>. En écoutant ce plaidoyer, on se disait qu'il n'y avait plus, ici, besoin de procureur et de réquisitoire pour condamner cette cause farfelue. Pour donner une idée des arguments de poids avancés, quand un représentant de l'assemblée l'interrogeait sur la réutilisation de la gare de Louvigny il répondait : <<On n'a qu'à construire des maisons dessus !>>. Mais qui ? insistait-on dans la salle, <<Sais pas !>> concluait-il sèchement. Et pour marquer le pouvoir que lui autorisait la tutelle de la Région lorraine, il ajoutait, menaçant : <<On a la maîtrise des TER… Nous pouvons faire pression…>>. D'ailleurs les menaces de la Région vis-à-vis de la gare mosellane de Cheminot sont déjà effectives puisque cette dernière ne paye plus les navettes venant de Metz vers la gare de Cheminot. <<Nous transportons les voyageurs vers l’aéroport et au retour vers Nancy et Metz. Parce que nous sommes gentils, nous faisons une halte à Louvigny>>, explique pour sa part Jean-Pierre Masseret, le président de Région dans la presse. Il poursuit : <<C’est à la SNCF de prendre cela en charge. C’est ici la preuve que Louvigny est une gare intérimaire>>.

On peut en faire des choses avec plus de deux cents millions…!
A juste titre, Philippe Guillaume (président CCI Moselle), remarquait pertinemment : <<On est en 2011 et plus en 2000 (date de l'engagement de la Région dans ce dossier, ndlr). La crise mondiale est passée par là. Le contexte économique a changé. Il n'y a plus d'argent. Pourquoi s'obstiner contre vents et marées à imposer aux Lorrains cette mobilisation des deniers publics alors qu'il y a bien d'autres besoins aujourd'hui. Que diront les Français et les Lorrains lorsqu'ils sauront que l'on n'a même pas pensé à une réutilisation concrète de Louvigny. Le fret rapide ? Il n'existe pas ! Les Lorrains ont d'autres préoccupations et d'autres priorités que de construire cette gare à cent millions d'euros auxquels il faut ajouter les aménagements routiers qui vont plus que doubler la facture>>. Philippe Guillaume s'appuyait en cela par une enquête d'opinion lancée au mois de juillet dernier par la CCI de la Moselle qui montrait que 63 % des Lorrains sont opposés à ce projet et que 81 % de ces derniers pensent que "La Lorraine a besoin de vrais projets créateurs d'emplois et de richesses" et qu'ils sont 96 % à demander "Que soit privilégié les projets permettant de créer des emplois pérennes". A tout cela qui s'impose de lui-même grâce au bon sens commun, Patrick Abate répondait cyniquement en évacuant les problématiques d'un revers méprisant de la main : <<On gaspille du temps. De toute façon on a donné notre parole. Pour moi, le vrai sondage, c'est le vote des Lorrains qui ont élu les socialistes à la Région. Cette gare nous donnera confiance en nous-mêmes>>. Circuler, il n'y a rien à voir, on pense pour vous ! Traduction : on est au pouvoir, donc on a raison. CQFD.

L'argent public c'est d'abord de l'argent pour tous
Et puis c'est un peu fort ce mépris de la réalité. Ce n'est plus de saison. La majorité des Lorrains ignorent où se trouve Vandières (57 %) et cela même par les utilisateurs réguliers du TGV (39 %). Plus de deux cents millions (prix de la gare + les infrastructures) c'est pratiquement la moitié du budget de la solidarité du Conseil général de la Moselle ; c'est quatre fois le budget nécessaire pour les personnes handicapées en Moselle, là où pas moins de 18 747 personnes se sont rendues dans un point d'accueil pour obtenir une aide dans l'urgence. Deux cents millions c'est plus de 8 000 lits pour les personnes âgées. Deux cents millions c'est 147 000 salaires au Smic. Deux cents millions, c'est 6 700 personnes qui pourraient accéder au microcrédit à hauteur 3 000 euros. Deux millions d'euros c'est 33 fois le budget annuel du Fonds de solidarité pour le logement en Moselle ou plus prosaïquement, plus de 21 000 Smart. Deux millions d'euros c'est 31 fois le budget du Département de la Moselle pour le sport (sports populaires + haut niveau). Bref, c'est trop. Trop injuste, trop démesuré, trop politique, trop loin de la quotidienneté des Lorrains. Cet argent pourrait servir à ces maisons d'accueil pour l'enfance maltraitée ; pour répondre aux longues listes d'attente que les personnes âgées dépendantes et leur famille déposent dans les maisons de retraite… Ca pourrait tout simplement aider les plus humbles à vivre un peu plus décemment. C'est cela… face à cette gabegie des deniers publics, il faudrait un peu plus de décence. C'est cette indécence de l'emploi de l'argent public qui rend cette gare insupportable.

Jean-Pierre COUR

 

 

Par JPC
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 19:02

JP-Liouville-DR.jpgJean-Pierre Liouville, vice-président du Conseil régional nous dit en exclusivité que les banques françaises ne font plus confiance au Conseil régional de Lorraine et que ce dernier est tenu de se tourner vers une banque allemande. Ces banques qui nous plombent, lestent et lèsent donc aussi le Conseil régional et par rebond, les Lorrains.

 

Un récent sondage reflète la frilosité des banques pour accorder des lignes de crédits aux entreprises. Et plus encore aux PME. Mais ce n'est pas tout, les institutions françaises subissent, elles aussi (comme nous allons le voir plus bas pour le Conseil régional de Lorraine), l'angoisse de ne pouvoir assurer leurs engagements. Aujourd'hui, un quart des organismes publics ou privés voient leurs lignes de crédits réduites, voire, annulée par leur banque. Si ces banques font de très esthétiques publicités avec l'argents qu'on leur confie, elles sont moins dissertes sur les problèmes internes qu'elles rencontrent en leur sein. Il n'est qu'à se rappeler, parmi mille exemples, et pour rester dans le local, le cas qui avait fait grand bruit sur Metz, de ce chef d'agence du CIC St Simplice de Metz, expédié sous d'autres cieux pour des raisons que la bienséance nous oblige à taire afin de laisser à cet organisme, à la fois, ses clients et sa bonne volonté de mieux faire. Personne n'est parfait. Pour autant, et pour sortir du cas particulier, nous avons été alerté par le vice président du Conseil régional en charge de l'évaluation des politiques régionales, des finances et des fonds européens de la Région, sur l'autisme des banques qui jusque là croquaient avec délectation au bonheur de gérer l'argent publique.

 

Jean-Pierre Cour : Vous me disiez que la problématique de la frilosité des banques touche aussi bien les particuliers, les entreprises… ça on le savait, mais aussi et c'est un scoop, les collectivités territoriales comme la vôtre.

Jean-Pierre Liouville : Absolument. C'est vrai que l'on vit aujourd'hui une période surréaliste. Je vais vous tracer la genèse de ce qui a amenée la Région à avoir quelques inquiétudes vis-à-vis des banques. Lorsque la région vote un budget comme toute collectivité, il y a une part d'emprunt. Je rappelle que les emprunts que font les collectivités comme la nôtre, c'est bien pour l'investissement et donc pour l'emploi et non pas pour le fonctionnement de l'institution que nous sommes. La Région n'a donc pas besoin d'emprunts pour vivre mais pour aider les entreprises à se développer et donc créer de l'emploi. Donc, lorsque nous votons notre budget, nous avons un volume d'emprunt de l'ordre de cent millions que l'on emprunte vers la fin de l'année. Là, nous avons eut le nez fin puisque nous avons emprunté une première partie, quarante millions, lors du premier trimestre. Et quel ne fut pas notre surprise d'avoir du mal avec nos banques (Axa, Caisse d'Épargne, BNP etc), qui traditionnellement y répondent, d'avoir du mal à disposer de cet argent. Mais nous avons tout de même obtenu ce que nous voulions. Mais avant de lancer ce deuxième emprunt de soixante millions dont nous avons besoins au vu des projets votés par l'Assemblée plénière, j'ai souhaité rencontrer nos partenaires bancaires à la fin du mois de juillet. Et là, quel ne fut pas ma surprise de leurs réponses. Ils nous ont bien sûr assurés que la signature de la Région lorraine ne leur posait pas de problème puisque nous sommes un payeur régulier et qu'il n'y a pas d'incertitude qui pèse sur nos finances… mais que la situation pour les banques était difficile et qu'ils avaient du mal à prêter aux collectivités territoriales !

Jean-Pierre Cour : Vous êtes en train de nous dire que les banques vous refusent de l'argent et qu'elles ne sont plus là pour vous soutenir ?

Jean-Pierre Liouville : Elles n'ont pas été aussi catégoriques, mais c'était cela. Je leur ais rappelé que, comme tout français qui s'intéresse à l'actualité, que toutes les banques ont fait des bénéfices importants et que le Conseil régional ne comprenait pas pourquoi le crédit devait être difficile. Elles nous alors répondues que les normes de "Bâle III" (les 27 régulateurs bancaires et banquiers centraux réunis au sein du "comité de Bâle" ont décidé le 12 septembre dernier de relever le ratio de solvabilité des banques. Leurs fonds propres devront représenter 7 % de leurs actifs d'ici 2019. La mise en place de ces nouvelles normes ne débutera qu'à partir de 2013, ndlr), les obligent à se recapitaliser et donc augmenter leurs fonds propres. Bref, ces banques n'avaient plus d'argent à prêter. S'ajoute à cela que les banques françaises veulent anticiper, ce que ne font pas d'autres banques européennes, et qu'elles ne peuvent donc donner de l'argent et cela surtout aux gros demandeurs d'emprunts que sont les collectivités. Mais j'ai appris récemment que même pour une petite commune mosellane qui n'a pas de dettes, cette dernière avait eut beaucoup de mal à dégager un emprunt de 900 000 euros ! C'est sidérant.

Jean-Pierre Cour : Expliquez-nous car il est vrai que, pour un particulier, c'est tout de même une très grosse somme.

Jean-Pierre Liouville : Oui, je vais relativiser. Le budget de la Région, c'est un milliard d'euros. Donc, vous voyez qu'emprunter cent millions, c'est dix pour cent. En sachant que l'investissement de la région lorraine l'année dernière était de 270 millions d'euros et cette année de 250 millions. C'est donc un quart du budget et l'on emprunte dix pourcent puisque le reste est financé par l'excédent de fonctionnement.

Jean-Pierre Cour : Cet argent vous sert à quoi finalement ?

Jean-Pierre Liouville : Eh bien, ce sont des aides aux entreprises, des aides aux collectivités, des travaux propres au cœur de métier de la Région lorraine ; quand la région investit dans les TER et des rames neuves, tout ceux qui prennent le train voient que c'est bien là de l'investissement. Cet argent est donc investit vers l'extérieur et nous faisons travailler des entreprises et ceci aide les entreprises à vivre. Donc on maintient et on développe l'emploi tout en participant à la richesse régionale, voire, nationale. Il en va donc de l'avenir de nos jeunes et de nos investissements.

Jean-Pierre Cour : Donc les banques ne vous font pas confiance ?

Jean-Pierre Liouville : Aucune de ces banques ne nous l'a dit en face. Ces banques régionales avec lesquelles ont travaillaient régulièrement, je constate une chose, c'est que ces directeurs régionaux n'ont plus de pouvoir ! Et c'est au niveau national que les choses se jouent aujourd'hui. C'est donc une délocalisation, non pas de la banque, mais du niveau de décision, contrairement à certaines publicités que font certaines d'entre-elles. Elles ne sont plus là pour irriguer le territoire régional.

Jean-Pierre Cour : Donc on se dit que si un Conseil régional n'arrive plus à être appuyé par sa ou ses banques, qu'en sera-t-il de nous, de la petite PME, voire, de l'artisan ?

Jean-Pierre Liouville : C'est la question que l'on peut très légitimement se poser. Chaque Français a vu ce que les banques ont fait comme excédents, des bénéfices… On se pose alors des questions. Et je rappelle aux lecteurs de ce blog que 75 % de l'investissement publique se fait au niveau des collectivités territoriales. L'État pour sa part n'en faisant qu'un quart. Donc si les collectivités n'ont plus les moyens d'investir, c'est toute l'économie qui ira mal. Ce sont des dizaines de millions d'euros que la région injecte chaque année dans l'économie locale. On fait vivre des milliers d'employés et donc de familles.

Jean-Pierre Cour : Que va-t-il se passer à présent ?

Jean-Pierre Liouville : et bien nous allons aller à l'échelon européen et nous sommes en relation avec des banques hors du territoire français avec lesquelles nous avons heureusement d'excellentes relations. Donc grâce aux banques étrangères, nous allons équilibrer notre budget. Ce sont pour l'instant des banques européennes, nous ne sommes pas encore à faire appelle aux banque chinoises ou indiennes. La législation nous oblige à nous limiter aux banques européennes. Nous ne privilégions plus les banques françaises. En tant qu'élus, nous devons respecter nos engagements vis-à-vis des Lorrains et les banques sarroises connaissent parfaitement nos comptes et nous prêter ne leur pose aucun souci car elles sont assises sur le marché des obligations contrairement aux banques françaises qui travaillent plus sur les actions de bourse.

Jean-Pierre Cour : La nationalisation des banques françaises est-elle une solution ?

Jean-Pierre Liouville : la nationalisation est une hypothèse, mais d'abord il faudrait bien séparer les activités de prêt et les activités spéculatives car aujourd'hui les banques françaises font tout. Et si l'État ne prend pas en considération que les banques font ce qu'elles veulent, nous sommes en régime libéral, et s'il n'y a pas un système, une agence de régulation et si l'État n'a pas une volonté forte d'imposer aux banques la nécessité de soutenir l'économie, nous retrouverons les problèmes que nous avons sur les autres collectivités (conseils généraux, communes etc). Si d'ici un an les choses ne changent pas, les collectivités ne pourront plus investir. S'ajoute à cela que le climat de confiance s'est altéré alors que, et je le dis très clairement, il y a beaucoup "d'intox". Je pense qu'aujourd'hui on nous cache un certain nombre de choses ou l'on veut nous faire croire que les choses vont empirer mieux que les banques y trouvent là un moyen de se défausser. Je ne trouve pas cela responsable vis-à-vis des citoyens. Il faut arrêter d'affoler. Oui, il y a des problèmes, la dette de la Grèce, de l'Italie, de l'Espagne… Mais je crois que les banques françaises ont déjà digéré les responsabilités qui sont les leurs. Pour elles, la page grecque est déjà tournée. Il faut laisser les élus reconstruire une nouvelle fiscalité, revoir complètement les finances publiques car lorsque l'on laisse des pans entiers entre les mains de l'économie libérale, on favorise la spéculation. Et c'est ce qui s'est passé. Depuis cinq ans, jamais la spéculation n'a été aussi importante et le dernier exemple est ce qui se passe ici avec ArcelorMittal où les actionnaires demandent des rendements à deux chiffres. Il faut arrêter. Les gens veulent vivre, travailler, vivre au pays. Alors laissez-nous travailler, investir pour que l'on soit enfin bien dans notre Lorraine.

 

Jean-Pierre COUR

Par JPC
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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 14:02

Dans un courrier en date du 1er août, François Grosdidier, le député-maire UMP de Woippy, abandonne, dans une lettre adressée à Patrick Weiten, son poste de conseiller général pour s'engager à fond dans la campagne sénatoriale. Il ne pense plus qu'il sera réélu en tant que député.

 

François Grosdidier photo Muriel CourLe 27 mars dernier, le député-maire François Grosdidier était élu conseiller général du canton de Woippy. La chose n'aura pas durée longtemps. Après quatre mois de présence, il sera remplacé par Marie-Louise Kuntz, sa suppléante qui est par ailleurs conseillère régionale et conseillère municipale en charge des affaires sociales à Woippy. Atteint par le très contesté cumul des mandats, François Grosdidier s'engage donc à fond dans les élections sénatoriales du 25 septembre prochain. Dans son début de lettre, il assure que les mandats qui l'intéressent, en fait, sont ceux de maire, de président des maires de Moselle et, bien sûr, de (futur, mais encore hypothétique) sénateur.

 

Question de poids

Le poste de député de Woippy, lui, ne l'intéresse donc plus aujourd'hui alors que jusqu'à ce 1er août 2011, il se disait passionné par ce mandat qu'il détenait depuis juin 2002. Certaines mauvaises langues assurent que de toute façon, il est intimement persuadé qu'il ne fait plus aujourd'hui le poids face à sa challenger socialiste, Aurélie Filippetti, qui avait du renoncer à la 8e circonscription pour cause de disparition de cette dernière, et qui veut se faire les dents sur la circonscription de Woippy où elle espère  bénéficier là d'une population proche de sa tendance. Donc il pense qu'il ne fait plus le poids en tant que député mais qu'il le fera en tant que sénateur. Comme quoi, de passer d'une chambre à une autre donne de la densité.

 

Rumeurs, rumeurs…

Dans l'ordre des bruits qui circulent dans les milieux politiques messin pendant cette précampagne électorale aux sénatoriales, celui d'une rencontre entre François Grosdidier et Dominique Gros qui l'assurerait de son soutien ainsi que de son conseil municipal pour les sénatoriales, voire, du soutien de ses partisans au sein de l'assemblée de Metz-Métropole. En contrepartie de ce soutien, Dominique Gros aurait demandé que François Grosdidier se présente aux prochaines élections municipales à Metz afin de diviser (Si la chose était encore nécessaire plus outre), la droite messine et laisser, comme en 2008, la gauche passer du fait de la division à droite. <<C'est une blague !>>, nous répons-t-on dans l'entourage de François Grosdidier. <<C'est sans doute encore une manipulation de son ennemi de toujours : Jean-Louis Masson>>, complètent toujours les proches de l'ex-conseiller général de Woippy. On verra bien.

 

Jean-Pierre COUR

Par JPC
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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 16:10

Missoffe & JF Copé DRSi la Région lorraine est à la tête de la direction tournante de la Grande Région, historiquement, le parti socialiste ne semblait guère, jusqu'il y a peu, passionné par le sujet. Jean-Pierre Masseret, président socialiste est à la tête de cet espace depuis le 1er janvier dernier. Il tente toutefois aujourd'hui d'assurer cette présidence avec un maximum d'efficacité. Ceci avec le soutien de Jacques Sans. A droite, l'UMP à vu tout le bénéfice qu'il y avait à tirer de cette distance historique. Ainsi, Alain Missoffe, vice-président du Conseil économique, social et environnemental de Lorraine en tant que "personne qualifiée" (puisqu'il a dans la poche un carnet d'adresses bien pourvu), a été nommé par le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, secrétaire national du parti présidentiel en charge du suivi de la Grande Région (voir photo). C’est la première fois qu’un parti politique national s’intéresse officiellement à ce sujet. A ce titre, Alain Missoffe siège au bureau politique de l’UMP. Il a dors et déjà rencontré de nombreuses personnalités de la Grande Région, et a été récemment reçu, à  Luxembourg, par le ministre des Finances du Grand Duché, Luc Frieden. Il travaillera également en étroite coordination avec la députée UMP de Moselle, Anne Grommerch, secrétaire nationale aux enjeux transfrontaliers. On se rappelle qu'il avait brigué la feue 8e circonscription de Moselle aux législatives remportées d'une courte tête par Aurélie Filippetti. A l'époque, la direction départementale de l'UMP lui avait mis un candidat dans les pattes pour le faire battre et éviter qu'Aurélie Filippetti ne s'intéresse à la circonscription de Woippy. Mauvais calcul car à la disparition de la 8e circonscription la chose à fait long feu et est aujourd'hui (et au final), la nouvelle cible de la jeune députée. Donc, et pour y revenir, l'UMP se passionne aujourd'hui pour la Grande Région et pour une fois, ce parti donne l'exemple de l'ouverture à l'autre… et même à nos voisins proches se trouvant au-delà de l'hexagone. Avec plus de 96 000 travailleurs transfrontaliers lorrains, le dossier n'est, en effet, pas mince.  

Jean-Pierre COUR

Par JPC
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Jeudi 30 juin 2011 4 30 /06 /Juin /2011 19:11

Le raz le bol atteint les députés de la majorité concernant le harcèlement systématique que subissent les usagers de la route pour des campagnes de sécurité qui mutent de la protection du citoyen vers la recherche d'argent dans les poches des Français securite_routiere.pngau détriment, au final, de la sécurité routière.

 

André Wojciechowski, député UMP et maire de Saint-Avold, se rebiffe contre les abus qu'il perçoit dans une campagne de pseudo sécurité routière qui consiste, en fait, à faire payer au plus grand nombre un argent indispensable à un État de plus en plus impécunieux au détriment, au final, de la sécurité routière. André Wojciechowski a envoyé au ministre Claude Guéant une lettre incendiaire qu'il nous a fait parvenir :

 

<<Monsieur le ministre,

 

Cela fait très longtemps que je vous apporte mon soutien fort, mais je ne comprends pas pourquoi tant d'obstination sur la politique de sécurité routière, pourquoi vous vous laisser manipuler à ce point. Faut-il réellement perdre les prochaines élections ? Après la Lorraine qu'on abandonne, le régime minier qu'on supprime, voilà la sécurité routière qu'on met en avant avec des mesures ridicules. Plutôt que de mettre en avant les efforts réalisés et oui les actions déjà réalisées ce n'est pas rien, voilà que l'on remet en place la machine à perdre, pourquoi ? La politique de « sécurité routière » n'est pas dictée par une quelconque volonté de réduire une cause de mortalité en France. La politique ultra - répressive, dont tous les citoyens font les frais  -  sauf les élites administratives qui circulent avec des véhicules officiels avec chauffeurs, évidemment  -  est uniquement dictée par :

 

■ Le souhait du gouvernement de générer, le plus facilement possible et le plus efficacement possible, des rentrées fiscales additionnelles. C'est bien cette logique du volume et du chiffre qui a présidé à l'installation des systèmes automatisés et déshumanisés de sanction - La localisation de ces systèmes et leurs implantations témoignent également du soin apporté au « business plan » de ces machines à « fric » modernes. Convenez Monsieur le ministre, que vous ne trouverez aucune cabine de contrôle de vitesse devant un hôpital ou une école - normal : elles ont toutes été installées en pleine ligne droite, sur des routes à plusieurs voies, voire des autoroutes, c'est - à - dire là où les accidents sont les plus rares. Devrais-je vous rappeler que moins de 8 % des morts sur la route se tuent sur des voies dites « rapides » ou « autoroutes » ? Mais c'est tellement plus simple de prendre un automobiliste en excès de vitesse sur une portion roulante - et tellement plus lucratif d'en prendre plusieurs, chaque heure !

 

■ La complaisance avec laquelle le gouvernement se laisse dicter tout ou partie de sa conduite par des associations de victimes du type de la « Ligue contre la violence routière ». S'il est évident que l'émoi des familles de victimes ne doit pas rester sans écho, pour autant, doit - il constituer les fondements de la pensée du gouvernement ? Monsieur le Président, je livre à votre réflexion une question : si le gouvernement appliquait dans l'aérien le même mode de pensée manichéen et étroit, pensez-vous que vous continueriez à pouvoir vous déplacer en avion ? Tous les avions seraient cloués au sol ! La DGAC respecte l'émoi des familles de victimes, mais ne s'en laisse pas compter pour autant. Pourquoi les millions d'automobilistes sans histoire et respectueux devraient-ils subir les foudres des quelques « ayatollahs » de la répression routière ?

 

D'autres sources de mortalité bien plus significatives ne font l'objet d'aucune attention, car elles ne sont pas monétisables par le gouvernement.

 

Je n'en veux pour preuve de cet état de fait que l'exemple suivant : la France perd, chaque année, par suite d'accidents domestiques, 20 000 personnes. Cinq fois plus que dans des accidents de la route Monsieur le ministre ! A-t-on entendu notre gouvernement s'inquiéter de cette saignée opérée dans les forces vives de notre pays ? Bien sûr que non ! Et c'est assez logique  tant que le gouvernement ne pourra pas interdire et donc sanctionner pécuniairement les chutes de toit, les brûlures au 3e degré, les explosions au gaz, cette hémorragie-là ne fera l'objet d'aucune attention.

 

La politique de « sécurité routière » est uniquement axée sur une répression féroce, aveugle et déshumanisée qui n'est plus tolérable. La vitesse est, au mépris de la plus élémentaire honnêteté intellectuelle, érigée en vice absolu du conducteur et en variable  -  faussement  -  clé de la baisse de la mortalité sur les routes.

 

■ La vitesse, Monsieur le ministre, n'est pas une cause d'accident. Sans quoi tous les pilotes de courses seraient déjà morts, puisque roulant tous « vite ». La « vitesse excessive » est déjà une notion plus saine à manipuler. L'excès étant à caractériser, non pas par rapport à une norme stérile, comme le fameux 130 sur autoroute, mais par rapport à des conditions de circulation. Stigmatiser la vitesse, car il est si simple de la contrôler  -  automatiquement qui plus est !  - , pour prélever l'impôt, relève de l'escroquerie intellectuelle pure et simple. Oui la vitesse accroît les effets d'un choc, mais telle ne le génère pas. Le choc naît d'un comportement non adapté : absence de contrôle en déboitant, distance trop faible avec le véhicule qui vous précède, méconnaissance du comportement d'une automobile sur sol humide, etc.

 

Poussons un peu plus le raisonnement de votre clairvoyant gouvernement: pourquoi ne pas simplement interdire aux automobiles de circuler? A l'arrêt, la vitesse est nulle, elle ne peut donc pas être plus basse ! Ainsi serons-nous tous en sécurité ! Dois - je, pour conclure sur ce mauvais procès fait à la « vitesse » au lieu de la « vitesse inadaptée aux conditions de circulation », vous rappeler, Monsieur le ministre, que les limitations de vitesse ont vu le jour en France, en 1973 - pour réduire notre consommation de pétrole - et donc aucunement pour des raisons de pseudo « sécurité routière » ? La politique conduite par le gouvernement vise uniquement à criminaliser l'automobiliste et aucunement à le responsabiliser, ni à lui permettre d'adopter un comportement à même de réduire son exposition au danger. Pour imposer que la sanction abusive et automatique des automobilistes devienne socialement acceptable, alors que nous avons tous, nous électeurs, une automobile, votre gouvernement a cru intelligent de « criminaliser » les automobilistes tout en les déresponsabilisant. Ainsi, à 129 km/h sur autoroute, l'automobiliste est vertueux, il adopte un comportement exemplaire, il maîtrise sa vitesse, il n'est donc « pas dangereux pour les autres » et se trouve donc « en sécurité » lui et ses passagers. Le même automobiliste, à 131 km/h devient subitement un dangereux criminel qu'il convient de sévèrement sanctionner en déployant tout ce que la technologie moderne peut offrir : de laser, à la voiture de course bleu marine (j'y reviendrai) à - l'hélicoptère avec caméras cynémométriques et thermiques embarquées ! La répression atteint les usagers de la route, pas les dangers de la route. Telle qu'a été mise en place la politique du chiffre et de répression de votre gouvernement, sont sanctionnés ceux qui utilisent beaucoup la route. Il est impensable d'échapper aux forces de l'ordre ou aux radars automatiques lorsque vous faites 40 000 km par an, ou plus. Vous n'êtes pas sans ignorer, Monsieur le ministre, que les « contrôles » des forces de l'ordre ne visent aucunement à faire baisser la vitesse, mais à « exécuter » l'automobiliste d'un bon tir de « laser ». Les techniques employées sont directement issues des techniques de guérilla militaire : combien d'opérations sont ainsi conduites par une petite équipe, très mobile, embusquée sur une position déportée, en hauteur de préférence, le tireur - pardon, l'agent  -, ayant un genou à terre, un autre en appui sur un capot de véhicule, épaulant fermement son fusil, pardon, son laser. La variante consistant à vous abattre, pardon, vous « contrôler », d'un tir dans le dos. Les modalités de la répression sont devenues tellement féroces qu'elles font courir plus de risques aux agents de la force publique et aux automobilistes que les comportements soit disant outranciers de ces derniers. J'en veux pour preuve les nombreuses courses poursuites conduites par la gendarmerie au volant de Subaru Imprezza WRX, qui nécessitent que l'équipage roule à plus de 240 km/h durant de longs kilomètres - pour rattraper un modeste Scenic lancé, lui, à  - 140 km/h! L'émission TURBO sur M6 a réalisé un reportage édifiant sur les pratiques de la gendarmerie et sur sa conduite incroyablement dangereuse pour relever une infraction si modeste. Et lorsque ce ne sont pas les voitures de poursuite  -  dont le parc a drastiquement diminué compte tenu des nombreux accidents survenus et impliquant ces véhicules d'interception  -  ce sont les motards qui prennent le relais, au péril de leur vie. L'un d'entre eux, issu des rangs de la Police Nationale, a encore laissé sa vie il y a quelques semaines à vouloir poursuivre une automobile en légère infraction. Le gouvernement n'a conduit aucune réflexion ambitieuse alternative au tout répressif. Comment peut-on supporter, Monsieur le ministre, d'être perpétuellement taxés par de véritables agents du fisc arborant l'uniforme de la Police ou de la Gendarmerie, alors que pour réduire l'accidentologie, aucune prévention sérieuse n'est mise en place ? Comment expliquer que le permis de conduire ne soit pas réformé, qu'il n'impose pas une épreuve plateau comme pour les motards ? Qu'il n'impose pas l'apprentissage des manœuvres d'urgence ? Qu'il n'impose pas la simulation de chocs et tonneaux ? On peut légitimement penser que la prévention ne rapportant bien, elle n'intéresse pas nos dispendieux gouvernants qui ont grand besoin de financer leur train de vie et l'Etat tout entier. Comment expliquer que les infrastructures ne soient pas, en certains endroits critiques, adaptées (passages à niveaux, rambardes de sécurité qui découpent les motards, éclairage, etc.) ? Ces panneaux c'est d'abord de la prévention, ils ont été mis en place pour cela, aujourd'hui on les découpe, quels en seront le coût et le danger du personnel au bord des routes ? Je pense très sincèrement Monsieur le ministre que vous faites fausse route. Veuillez croire, Monsieur le ministre, à l'expression de ma très haute considération. André Wojciechowski >>.

 

 

 

Par JPC
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